Mes interventions en commission

Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 18:32

Dans le cadre de l'examen pour avis des crédits de la mission travail-emploi du Projet de loi de Finances en commission des Affaires sociales, retrouvez ci-dessous mon propos :

 

"Réduire le nombre de chômeurs suppose une croissance effective, que nous sommes loin de connaître aujourd’hui, malgré les promesses du Président de la République qui voulait aller chercher la croissance avec les dents !

L’emploi demeure la première préoccupation des Français. Pourtant, ce budget n’est pas à la hauteur. De fait, il relève du bricolage comptable. La politique de l’emploi du Gouvernement n’y apparaît pas clairement. Ce dernier affirme que l’emploi reste prioritaire, mais c’est faux. S’il ne pouvait être question d’en augmenter les crédits de manière inconsidérée, on aurait au moins pu faire en sorte de les maintenir. Or ce n’est pas le cas.

Pôle emploi devait être le remède miracle et le bras armé de l’État en matière d’emploi et de formation professionnelle. La fusion devait régler tous les problèmes. Cela ne s’est pas produit. Il suffit en effet de se rendre dans une antenne de Pôle emploi pour s’en convaincre.

Les maisons de l’emploi ont également suscité bien des interventions. Plutôt que de baisser leurs crédits d’année en année, le Gouvernement devrait avoir le courage de les supprimer. Ce serait plus clair et moins onéreux.

Je remarque en tout cas que, d’un côté, on prône la territorialisation des politiques de l’emploi et que, de l’autre, on fait en sorte que Pôle emploi en devienne le seul acteur, organisé d’une manière très centralisée et parfaitement inefficace. C’est incohérent.

L’AFPA, malgré ses défauts, représentait vraiment le service public de la formation. Son démantèlement est total. Cette fois-ci, le Gouvernement, qui a pour philosophie de se passer, à terme, de tout service public, a agi de façon cohérente.

Le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels constitue un échec patent. En effet, il permet au Gouvernement de financer ses politiques de droit commun avec les financements des partenaires sociaux, alors qu’il était là pour pallier les incohérences et l’inefficacité de la formation professionnelle. Je remarque qu’en ce domaine aussi, il conviendrait de faire un effort de lisibilité, d’autant que les sommes qui sont en jeu sont énormes.

Je terminerai sur les contrats d’autonomie, qui sont ciblés sur les jeunes des quartiers prioritaires. Vous considérez, monsieur Arnaud Richard, qu’il est encore trop tôt pour en évaluer le dispositif. Mais nous savons déjà qu’il est parfaitement inefficace, en raison de la situation désespérée de ces quartiers, qui sont complètement abandonnés. C’est sans doute parce que vous n’avez pas de politique alternative que vous mettez en avant ce dispositif. Reste que ce n’est pas sérieux.

En conclusion, je dirai que les politiques de l’emploi sont beaucoup trop centralisées, étouffées par la technocratie – c’est notamment ce qui est arrivé aux maisons de l’emploi – et inefficaces. Elles ne permettront pas de régler le problème du chômage."

 

Pour lire l'intégralité des débats, cliquez ici

 


Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 12:46

untitled.jpg La commission des Affaires sociales auditionnait cette semaine le Ministre du travail, de l’emploi et de la santé, sur la mise en œuvre de la loi de novembre 2010 portant réforme des retraites. Voici mon intervention :

 

" M. le Ministre, vous nous avez à nouveau parlé de réforme courageuse et de consensus. Le vrai courage aurait été, à la faveur de cette réforme, de tenter de réduire les inégalités que vous creusez au fur et à mesure des mois qui s’écoulent, en taxant les revenus du capital beaucoup plus que vous ne l’avez fait, c'est-à-dire d’une manière homéopathique et sous la pression de l’opposition et de l’opinion.

Quant à parler de consensus comme s’il s’agissait en la matière d’une simple réforme technique, c’est oublier que celle-ci est d’abord très politique. J’en veux pour preuve l’enthousiasme du Medef à la soutenir. Vous avez comme nous votre propre identité. Il faut avoir le courage de la défendre.

Avec cette réforme, qui n’est pas courageuse et qui ne peut être consensuelle, les Français voient bien que la droite et la gauche, ce n’est pas la même chose. Ils auront le choix.

Quant à parler enfin d’insécurité, n’est-ce pas plutôt le Gouvernement qui met en place l’insécurité sociale ? Jamais une politique n’aura eu une répercussion aussi anxiogène sur les Français !"

 

Retrouvez l'intégralité de l'audition en cliquant ici


Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 19:02

Dans le cadre du débat en commission sur le projet de loi constitutionnelle relatif à l'équilibre des finances publiques, retrouvez ci-dessous mon intervention :

 

"Nous ne contestons pas la nécessité de réduire les déficits. D’ailleurs, nous n’aurons pas de mal à convaincre nos concitoyens que vous avez contribué à les creuser. Aussi aurait-il été aujourd’hui plus judicieux de nous expliquer que vous souhaitiez changer de politique, plutôt que de nous entraîner dans l’examen de ce projet de loi constitutionnelle. Mais vous ne semblez pas prêts à assumer la politique de baisse des recettes que vous avez menée et la distribution des richesses injuste et dispendieuse qui en a découlé.

Vous affichez votre volonté de réduction des déficits en ciblant la dépense sociale, cause selon vous de tous les maux. Le président Méhaignerie ne se plaît-il pas à évoquer, en toute occasion, cette priorité ?

Ce texte, dont le but est de donner de la majorité une image de bonne gestionnaire, aggravera in fine des inégalités que votre politique a déjà contribué à accroître.

Le Président de la République et le Gouvernement ont pris l’habitude de faire passer les élus des collectivités locales pour des irresponsables, qui distribuent l’argent à leur « clientèle » et qui augmentent les impôts. Je me contenterai de rappeler que les collectivités locales sont responsables de 70 % des investissements. Or, sans investissements, il n’y a pas de croissance, et sans croissance, la réduction des déficits est impossible.

Nous pourrions retrouver certains de nos collègues de la majorité pour rejeter, ensemble, ce projet de loi."

 

Retrouvez l'intégralité du débat ici


Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 19:16

Aujourd'hui en commission des Affaires sociales a eu lieu l'audition de Mme Marie-Claire Carrère-Gée, Présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi, sur le rapport relatif au diagnostic sur l’emploi des jeunes. Voici le détail de mon intervention :

 

"La politique dite du stop-and-go devrait plutôt être qualifiée de politique incohérente, notamment en matière d’exonérations de charges, incohérence que nous avons dénoncée d’autant que la situation de crise non seulement n’est pas terminée mais qu’elle est permanente pour les jeunes.

Par ailleurs, on oublie souvent que la politique de l’emploi dépend de la croissance. Ne pas tenir compte de cet élément conduit à prendre des mesures conjoncturelles sur lesquelles on n’hésite d’ailleurs pas à revenir, ce qui conduit à cette situation aujourd'hui très peu satisfaisante, en particulier chez les jeunes.

Quant au fait que les missions locales n’aient pas été auditionnées, je rappelle que les régions ne l’ont pas été davantage.

 

Mais depuis 2004, la politique en matière d’apprentissage a été confiée aux régions qui en sont aujourd'hui les premiers financeurs.

Si le nombre d’apprentis a augmenté grâce aux contrats d’objectifs, vous avez raison de dire que c’est surtout le niveau supérieur qui en a bénéficié. Or, aujourd'hui la demande du monde économique ne porte plus sur le niveau V, mais à partir du niveau IV. Vouloir créer des sections d’apprentissage sans tenir compte des demandes des entreprises est une aberration, car les jeunes concernés n’auront pas d’emploi à la sortie.

Concernant l’adéquation du marché de l’emploi, savoir où se situent les déficiences en matière de formation ne suffit pas. Quand on est sur le terrain, on sait à quel point il est difficile, y compris pour les partenaires sociaux et les branches professionnelles, de se projeter même dans un avenir à court terme tant le marché du travail est en mutation constante. Une qualification bonne une année pourra ne plus l’être l’année suivante.

Quant à la gouvernance, si l’apprentissage a un pilote – les régions, avec des mesures incitatives de l’État –, le maquis le plus obscur règne en revanche pour les contrats de professionnalisation. Si, comme on nous l’indique, ce sont les partenaires sociaux qui les pilotent, ils ont alors de gros progrès à accomplir dans la gestion du dispositif, car non seulement celui-ci ne donne pas les résultats escomptés – même si des améliorations ont été récemment constatées –, mais il ne permet aucune visibilité en la matière."

 

Retrouvez ici l'intégralité de l'audition


Jeudi 4 novembre 2010 4 04 /11 /Nov /2010 15:24

Retrouvez ci-dessous mon intervention en commission élargie à l'Assemblée nationale sur la mission budgétaire "Travail, emploi" du Projet de loi de finances pour 2011 :

 

"Les chiffres du chômage qui nous sont donnés ne reflètent pas la réalité.

Il serait bon que les conseils régionaux de l’emploi, qui se réunissent une fois par trimestre, disposent de l’ensemble des informations pour mieux évaluer la politique menée dans ce domaine.

Je suis frappée par le fait que tous les dispositifs, notamment les contrats aidés, subissent une baisse de leurs crédits. L’AFPA est complètement démantelée et certains centres ferment leurs portes, ce qui rend impossible l’accueil des stagiaires dans un grand nombre de régions.

Vous faites de l’alternance une de vos priorités. Mais c’est oublier que les régions, dont l’apprentissage est une compétence décentralisée, ne pourront peut-être pas vous suivre sur cette voie, compte tenu des difficultés auxquelles elles devront faire face. D’ailleurs, où en est la convention d’objectifs et de moyens ? Sera-t-elle reconduite ? Si oui, à quelle hauteur ?

De la même manière, les régions sont le premier financeur des écoles de la deuxième chance – l’État n’assurant que 30 % de leur financement – et l’on peut légitimement se demander, monsieur le ministre, si de nouvelles places seront effectivement créées.

Je salue l’action de M. Perrut et de M. Gille sur les missions locales, tout en rappelant à la représentation nationale que, si le budget des missions locales n’a pas baissé, contrairement à ce qui était annoncé dans les premiers documents, c’est parce que l’Association des régions de France et l’Assemblée des départements de France ont refusé, dans ces conditions, de signer le protocole d’accord. Il faut rendre à César ce qui appartient à César, ce que vous ne faites jamais, monsieur le ministre.

Je ne crois pas que vous pourrez mener une évaluation sérieuse des maisons de l’emploi en trois mois. La vérité est que vous avez décidé de les supprimer ! Pour vous, il ne peut y avoir double financement et double compétence entre Pôle Emploi et les maisons de l’emploi. Mais vous n’avez pas conscience de ce qui se passe à Pôle Emploi et vous refusez de voir que la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC fonctionne mal. Nous reparlerons de l’enquête que vous avez commandée, monsieur le secrétaire d’État, lorsque nous aurons en main le cahier des charges de cette enquête.

Vous ne vous rendez pas compte à quel point les maisons de l’emploi viennent, conformément à leur mission, soutenir Pôle Emploi, qui ne parvient pas à atteindre ses objectifs. Si vous supprimez les maisons de l’emploi, le problème de l’emploi deviendra encore plus aigu."

 

Retrouvez l'intégralité des débats en cliquant ici


Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 15:32

Retrouvez ci-dessous mon intervention en commission élargie à l'Assemblée nationale sur la mission budgétaire "Solidarité, insertion et égalité des chances" du Projet de loi de finances pour 2011 :

 

Je regrette le départ du ministre de la jeunesse et des solidarités, qui démontre, une fois de plus, le mépris du Gouvernement à l’égard des députés.


La loi de finances dans laquelle s’inscrit cette mission se caractérise par le refus du Gouvernement d’augmenter les recettes fiscales – à l’exception de la réduction de certaines niches fiscales. La politique qui en résulte cause des dégâts majeurs aux politiques publiques, y compris celles que vous avez mises en place récemment ou que vous comptez mettre en place prochainement. Cela vaut pour l’emploi, en particulier celui des jeunes, l’éducation, la fonction publique, les investissements publics – je pense aux collectivités locales, que vous étranglez financièrement – et les budgets sociaux. Mon intervention portera sur deux points : le RSA et l’aide à la parentalité.


Aux dires du ministre, le RSA souffre d’un problème de logiciel mal adapté, de tuyauterie en quelque sorte – il est vrai qu’il a été ingénieur. Le RSA nous a été présenté en 2008 comme la mesure phare du mandat du Président de la République, censé remplacer avantageusement le RMI et faire disparaître les travailleurs pauvres des statistiques.


Selon les premières évaluations, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Le RSA est un demi-succès – ou un demi-échec, selon que l’on considère que le verre est à moitié plein ou à moitié vide. Néanmoins, la lenteur de la montée en charge du RSA activité et les témoignages des acteurs que nous avons auditionnés montrent que des erreurs ont été commises tant dans la conception même du dispositif que dans sa mise en œuvre, qui s’apparente à une véritable « usine à gaz », erreurs que ne régleront pas vos tentatives de simplification.


Erreur de conception, car vous avez fait le pari que le moteur essentiel du dispositif serait le gain financier pour les bénéficiaires. Or, ce gain est parfois minime, voire fluctuant, ce qui ne permet pas au bénéficiaire de se projeter dans un avenir proche.


Erreur de mise en œuvre car vous avez fait du RSA un dispositif d’assistanat au lieu de développer l’autonomie des personnes par le biais d’un accompagnement conciliant insertion sociale et insertion professionnelle. Au lieu de cela, vous avez complètement désorganisé le dispositif qui existait au sein des conseils généraux, et pour le fonctionnement duquel, d’ailleurs, vous ne leur donniez pas les moyens financiers nécessaires.


Dans le domaine de l’insertion professionnelle, vous avez fait intervenir un nouvel acteur, Pôle Emploi. Or celui-ci ne propose aucun accompagnement spécifique, de l’aveu même de son directeur. Là aussi, mes chers collègues, vous démolissez l’existant en le remplaçant par des politiques que vous appelez réformes, mais qui restent, pour la plupart d’entre elles, inefficaces et injustes.

Parce que cette politique est un échec, vous réalisez des économies tant sur le fonds national des solidarités actives, que vous imputez très fortement, que sur l’aide personnalisée de retour à l’emploi, qui passera en 2011 de 150 à 84 millions d’euros.


Pour autant, les besoins ont-ils disparu ? Assurément non, bien au contraire. La situation des plus fragiles reste très préoccupante. Pour eux, la crise est permanente. Au-delà des économies réalisées, que comptez-vous faire, madame la secrétaire d’État, pour y remédier ?


J’en viens au désengagement du Gouvernement en matière d’accompagnement des parents et de parentalité. En effet, le budget affecté à ces interventions a baissé de 60% de 2006 à 2011. J’ai bien entendu vos explications, madame la secrétaire d’État. Certes, il est prévu que la CAF intervienne, aux côtés de l’État, dans le cadre d’un contrat d’objectifs, et que les préfets président les réunions des comités départementaux de pilotage. Il n’empêche que les actions en matière d’aide à la parentalité devraient être une priorité du Gouvernement dans le contexte de violence que nous connaissons, aggravé considérablement depuis quelques années, du délitement des liens sociaux et familiaux. Nous doutons de l’efficacité d’une telle « usine à gaz » – une de plus !

 

Ne serait-il pas plus judicieux de mettre en place une véritable politique de prévention plutôt que de supprimer les allocations familiales à certaines familles, mesure sans doute plus spectaculaire mais – une de plus – injuste et surtout inefficace ? Ne vaudrait-il pas mieux, madame la secrétaire d’État, encourager la création de maisons des parents et d’écoles des parents ?

 

Retrouvez l'intégralité des débats en cliquant ici

 



Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /Juil /2010 15:31

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Le rapport de la mission d'information sur la formation des auxiliaires médicaux a été présenté en commission des affaires sociales à l'Assemblée le 7 juillet dernier.


Retrouvez ci-dessous mon intervention :

 

"Je ne partage pas le consensus qui s’est exprimé jusqu’à présent. Je ne voterai pas ce rapport car je désapprouve ses conclusions.

Ce rapport met la charrue avant les bœufs. En effet, il fallait soit ne pas mettre en place le système licence-master-doctorat, soit réorganiser la formation paramédicale avant d’instaurer le licence-master-doctorat. Malgré les auditions menées par la mission d’information, le rapport qui nous est présenté ne prend pas en compte la situation actuelle dans les territoires, les universités et les organismes de formation. C’est toute la différence qui existe entre des élus qui ne possèdent qu’un mandat national et ceux qui cumulent un mandat national et un mandat local et qui demeurent au plus près des réalités territoriales.

La mise en place de la filière licence-master-doctorat concernant les infirmières se passe aujourd’hui très mal, contrairement à ce que décrit le rapport. Une seule convention a été signée à ce jour alors que la date butoir de conclusion des conventions était fixée à juin dernier. Pourquoi ? Parce que les universités ne sont pas prêtes. Le président de la Conférence des présidents d’Universités m’expliquait récemment que la situation était critique et que les universités n’étaient pas prêtes à poursuivre ce processus. La réforme licence-master-doctorat a été en effet menée dans la précipitation, ce qui explique les problèmes d’application actuels.

Alors que le contexte sur le terrain est difficile, vous préconisez la création d’une filière licence-master-doctorat paramédicale. Contrairement à vos affirmations, cette proposition ne fait pas l’unanimité chez les professionnels de santé, qui craignent à terme une déconnection des infirmières et des autres professions paramédicales. Vous proposez néanmoins cette formule car il vous est aujourd’hui impossible de créer une première année commune en santé pour l’ensemble des professionnels.

Si la question des transferts de charges devant être assumés par l’État entre en ligne de compte dans l’opposition probable des régions à ce rapport, celles-ci désapprouvent les conclusions des travaux de la mission a priori pour trois principales raisons : ce rapport met la charrue avant les bœufs ; ne prend pas acte de la difficile mise en place de la réforme licence-master-doctorat ; et formule des propositions qui créeront une dichotomie entre les infirmières et les autres professions paramédicales.

Je tiens à signaler que, pour les sages-femmes, la réforme licence-master-doctorat fonctionne également très mal. Cette question a été récemment débattue lors d’une réunion commune du ministère de la santé et du ministère de l’enseignement supérieur.

Si ce rapport a le mérite de faire le point sur l’organisation très disparate de la formation des auxiliaires paramédicaux, dont les régions ont hérité, il ne propose pas les solutions adéquates. Il intervient de plus tardivement : il aurait dû servir à la préparation de la réforme licence-master-doctorat."

 

Pour retrouver l'intégralité des débats, cliquez ici

 

Pour lire le rapport sur la formation des auxiliaires médicaux, cliquez ici

 


Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 13:56

Commission des Affaires Sociales


Audition de Christian Charpy, Directeur général de Pôle Emploi

à la demande du Groupe socialiste


 

Mme Monique Iborra. Avant la décision de fusion, les guichets uniques se mettaient en place progressivement, sans éclat mais avec efficacité. Cette expérimentation aurait pu être poursuivie. D’autres pays européens ont opté pour un guichet unique sans fusion institutionnelle. Mais l’objectif était de récupérer les financements des partenaires sociaux pour payer les politiques de l’État, tout le monde l’a compris…

Le nouveau cahier des charges des maisons de l’emploi, qui vient d’être rendu public, en fait des coquilles vides, au profit de Pôle emploi. Pourquoi pas, mais à condition que Pôle emploi puisse assumer toutes les missions qui lui sont confiées, au-delà de l’accompagnement des demandeurs d’emploi : la formation des salariés par le biais du fonds de sécurisation des parcours, le suivi des jeunes et des seniors, la gestion des contrats d’apprentissage et maintenant l’orientation. Les compétences des conseils généraux et des conseils régionaux sont niées. Au-delà de la crise, le problème de Pôle emploi est la centralisation abusive de ces politiques au sein d’un service qui contrôle tout.

 

La bonne volonté des agents est certaine, mais qui trop embrasse mal étreint !

 

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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 17:35
Commission des affaires sociales

Projet de loi de finances pour 2010 : Examen pour avis des crédits de la mission Solidarité, insertion et égalité des chances Handicap et dépendance



Mme Monique Iborra : L’un des mérites du rapport est de montrer le décalage qui existe entre ce qui est affiché et ce qui est effectivement réalisé. Si les outils mis en place n’ont pas eu les résultats escomptés – je pense par exemple aux contrats d’autonomie –, peut-être conviendrait-il de réexaminer, en particulier, le mode d’intervention des missions locales ?

Quant aux missions générales d’insertion de l’Éducation nationale, il faudrait non pas les remplacer par d’autres structures, mais plutôt les ouvrir aux autres acteurs, car elles sont par trop cloisonnées.

On nous parle des jeunes en grande difficulté, en particulier dans les banlieues, alors que dans le même temps on diminue les crédits en faveur des familles vulnérables, des maisons de l’adolescence, du soutien à la parentalité : c’est la raison essentielle pour laquelle nous ne voterons pas ces crédits.

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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 17:44
Commission des affaires sociales

Projet de loi de finances pour 2010 : Examen pour avis des crédits de la mission Travail Emploi


Mme Monique Iborra. À lire le rapport présenté par notre rapporteur pour avis, on constate que les mesures annoncées en faveur des jeunes existaient en fait déjà et qu’elles bénéficient juste d’un nouvel habillage. Concernant les contrats d’apprentissage et de professionnalisation, est-il possible de trouver des chiffres officiels ailleurs qu’au secrétariat d’État à l’emploi, qui me semble en ce domaine juge et partie ? En effet, entre les chiffres annoncés et le vécu au niveau des régions chargées de mettre en œuvre ces mesures, le décalage est saisissant.

Un mot sur les contrats autonomie : c’est la Bérézina et on assiste à une gabegie d’argent public.

Enfin, il n’est pas raisonnable, si l’on regarde avec lucidité la situation de Pôle emploi, de lui confier la gestion des nouveaux contrats de formation. Cet opérateur subit actuellement des pressions très fortes et lui confier de nouvelles missions, alors que le personnel n’y est pas préparé, est très contre-productif.

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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 17:17
Commission des affaires sociales

Audition, ouverte à la presse, de M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’emploi, et de M. Martin Hirsch, Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et Haut-commissaire à la jeunesse, sur le plan d’action en faveur des jeunes

Mme Monique Iborra. Les chiffres dont je dispose – une diminution de 10 % des contrats d’apprentissage et de 40 % des contrats de professionnalisation – ne correspondent pas à ceux que vous avez annoncés. Peut-être une actualisation est-elle nécessaire ?

Vous semblez très attaché à la mesure supprimée en commission mixte paritaire, mais je ne pense pas que nous puissions revenir sur notre vote. Dans le cas contraire, nos délibérations n’auraient servi à rien. Je comprends parfaitement votre volonté de faire du chiffre. Mais affirmer que votre proposition faciliterait la recherche par l’apprenti d’une entreprise d’accueil ne correspond pas à la réalité. Et si vous financez très largement les développeurs d’apprentissage, n’est-ce pas pour leur permettre de trouver des entreprises à la place des apprentis ?

Il est exact qu’un bon moyen de faciliter la conclusion de contrats d’apprentissage serait de généraliser l’expérience menée en Midi-Pyrénées ou dans le Nord-Pas-de-Calais, par laquelle on rapproche la demande de l’offre afin de faciliter l’accès des jeunes aux entreprises. Toutefois, je ne partage pas votre avis sur les difficultés que rencontreraient les jeunes en ce domaine, à partir du moment où les régions, les chambres des métiers et tous les acteurs concernés sont suffisamment impliqués. Enfin, même si votre intention est louable, qu’adviendra-t-il d’un jeune n’ayant toujours pas trouvé d’entreprise au bout de trois mois ? Contrairement à ce que vous affirmez, en tout cas, les centres de formation sont loin d’accueillir la mesure que vous proposez avec enthousiasme.

J’en viens aux plateformes destinées à repérer les décrocheurs. Elles existent déjà : ce sont les missions générales d’insertion de l’Éducation nationale – souvent financées par les régions, d’ailleurs. Pourquoi ne pas leur donner plus de moyens aux MGI pour faire ce travail qui concerne avant tout l’Éducation nationale ?

Quant aux missions locales, que vous semblez aujourd’hui découvrir, elles ont été bien ignorées lors de la mise en place des contrats d’autonomie. À cette occasion, on avait en effet attribué des financements importants à des organismes privés pour effectuer un travail que les missions étaient en mesure de faire. Je me réjouis de leur reconnaissance – même si celle-ci est tardive –, mais je note que la dotation allouée par l’État aux missions locales dans le cadre de la loi pour la cohésion sociale n’a pas été réévaluée, ce qui s’est traduit par des licenciements. Deux postes supplémentaires ne suffiront pas à permettre aux missions de remplir leurs obligations.

En ce qui concerne le financement de l’apprentissage, monsieur le secrétaire d’État, vous n’avez pas évoqué les contrats d’objectifs et de moyens que vous aviez promis de signer avec les régions. Nous avons récemment reçu une lettre de la délégation générale indiquant que ces contrats auraient leur avenant en 2010-2011 « sous réserve de fonds disponibles ». Comment voulez-vous que les régions s’engagent dans de telles conditions ?

Enfin, même si l’apprentissage a une meilleure image depuis qu’il a été confié aux régions, il suffirait, pour le valoriser davantage, de prévoir des cursus allant du CAP jusqu’à l’enseignement supérieur.

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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /Juil /2009 14:21

COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES

Examen du projet de loi relatif à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie



Mme Monique Iborra : "La formation professionnelle souffre aujourd’hui d’un manque d’efficacité et de transparence, de cloisonnement, d’inégalités, de l’absence d’un pilote. Nous sommes tous d’accord sur ce diagnostic, mais ce texte, que l’on peut vraiment qualifier de « petite loi », n’y changera rien. Il y a un décalage frappant entre les objectifs visés et les possibilités de mise en œuvre sur le terrain.

Il est presque touchant d’observer à quel point ce gouvernement cherche à tout recentraliser. On peut se demander si ce n’est pas un aveu de faiblesse, ou de manque de confiance dans les acteurs locaux. Cette recentralisation est si importante, à l’égard des régions certes, mais aussi des partenaires sociaux, qu’elle ne peut être qu’inefficace. Il n’est qu’à voir l’exemple, même si vous me direz qu’il est prématuré, de Pôle emploi – qui doit tout faire, y compris la formation des demandeurs d’emploi et des salariés. Il est le cœur du système. Tout repose sur lui. Et l’on constate tous les jours avec quelle efficacité il rend le service qu’on attend de lui. La crise n’est pas la seule explication à la situation !

Cette loi débouchera également sur une redondance des dispositifs et une gabegie d’argent public. Exactement comme Pôle emploi, qui intervient aujourd’hui dans la formation sans avoir défini de politique claire en la matière, auprès de tous les publics et au moyen de tous les dispositifs, en s’ajoutant à tout ce qui existe déjà.

Par ailleurs, et même s’il est beaucoup question ici de démocratie sociale, la transcription qui a été faite de l’accord national interprofessionnel n’en montre pas un respect bien fidèle. J’en veux pour preuve le nombre de propositions d’amendements qui nous ont été envoyées par les partenaires sociaux, toutes tendances confondues. Si l’accord avait été transposé comme prévu, on n’en serait pas là !

Je ne retrouve non plus, dans ce texte, aucune trace des termes définissant la mission du rapport de Françoise Guégot, ni de la prétendue concertation menée par le groupe de M. Ferracci. Nous avons perdu notre temps.

Nous sommes évidemment d’accord sur la portabilité du droit individuel à la formation, mais il faudrait nous demander pourquoi ce dispositif fonctionne mal – car il ne fonctionne pas plus que la validation des acquis de l’expérience. Ne serait-ce pas par abus de centralisation ?

Faute de déclinaison du fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, douze régions ont pris l’initiative de réunir les organismes collecteurs, l’État et les partenaires sociaux pour créer un fonds destiné à la formation des personnes en situation de chômage partiel. Une telle mesure est donc possible, pour autant que l’État n’impose pas, à l’échelle nationale, des mesures empêchant les acteurs locaux de s’organiser entre eux – ce qui est précisément le problème que pose ce projet de loi.

La préparation à l’emploi est certes une bonne chose, mais il est choquant que l’entreprise qui bénéficie d’une formation sur mesure en vue de rendre employable un demandeur d’emploi n’ait aucune obligation de le recruter à la fin de celle-ci.

La contractualisation du plan régional de développement des formations professionnelles et la coordination de son pilotage seront source de dysfonctionnements et de mésentente entre les acteurs locaux. Il est faux, au demeurant, d’affirmer que les plans régionaux n’ont pas donné lieu à concertation.

Enfin, si l’évaluation des politiques des régions est nécessaire, celle des politiques de l’État et des partenaires sociaux ne l’est pas moins.

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- séance de 18h


- séance de 21h

Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /Juin /2009 12:02

Commission des affaires culturelles, familiales et sociales

Examen de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, tendant à garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat d’association lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence



Mme Monique Iborra. Comme de nombreux textes dont nous avons à débattre, cette proposition de loi est examinée dans la précipitation ; vouloir qu’elle s’applique dès septembre, c’est se donner un calendrier très serré. Or son adoption pourra avoir de graves conséquences sur le terrain.

J’aimerais savoir, monsieur le rapporteur, si la FCPE a été auditionnée, et si oui, quel était son avis. Il ne serait pas normal que l’on se contente d’interroger l’APEL et la Fédération de l’enseignement catholique, dont on connaît la position sur ces sujets.

 

 

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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 18:00

Commission des affaires culturelles, familiales et sociales

Examen de la proposition de loi pour faciliter le maintien et la création d’emplois

Mme Monique Iborra. Peut-être faudrait-il préciser que cette proposition vise à faciliter le maintien et la création d’emplois « dans le cadre de la dérégulation du droit du travail » ? Au moins, ce serait clair. Votre entreprise de « modernisation » accroît la flexibilité ; sans apporter de sécurité, elle fragilise le statut des salariés des collectivités locales. Croyez-vous qu’il soit nécessaire d’allumer un nouvel incendie social ?

Pourquoi confier aux maisons de l’emploi  le soin de promouvoir le télétravail ? Pôle emploi, qui fait déjà tout, pourrait s’en occuper. Je crains surtout que le télétravail – des tâches à temps partiel, peu qualifiées et confiées aux femmes – ne crée davantage de précarité.

Les jeunes réclament aujourd’hui plus de qualifications, le diplôme demeurant le meilleur sésame sur le marché de l’emploi. Pour donner autant d’importance aux contrats de professionnalisation qu’aux contrats d’apprentissage, il faut en changer les modalités. Mais cela coûtera plus cher à l’État puisque les contrats de professionnalisation ne sont pas de la compétence des régions.

 

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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 17:55

Commission des affaires culturelles, familiales et sociales

Audition, ouverte à la presse, de M. Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi

Mme Monique Iborra. Les exigences posées par la loi du 13 février 2008 nous faisaient prévoir que sa mise en application serait longue et difficile. Pour notre part, nous avons voté contre ce texte, qui procédait d’une démarche technocratique et centralisatrice. Nous savions bien que les ambitions affichées ne correspondaient pas à la réalité du terrain.

Pôle emploi a désormais en charge l’ensemble des formations, non pas seulement pour les personnes prises en charge par les Assédic, mais pour tous les demandeurs d’emploi. En dépit des compétences des régions en matière de formation professionnelle, aucune concertation n’a eu lieu avec elles en amont. Il en résulte aujourd’hui une grande confusion. Certaines régions veulent passer des conventions avec vos agents, afin de savoir qui fait quoi – sauf à admettre le gaspillage d’argent public. Or ces agents sont dans l’incapacité de nous dire quelles formations ils vont prendre en charge. Par ailleurs, ils nous indiquent que l’enveloppe affectée aux formations par Pôle emploi est identique à celle qui était auparavant utilisée pour les personnes relevant des Assédic ; il y a donc un problème de financement.

 

Concernant les effectifs, le Président de la République a annoncé des recrutements. Où en est-on ?

 

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