Mes interventions en séance

Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 17:19
Première séance du jeudi 5 novembre 2009

Projet de Loi de Finances pour 2010, Mission Travail/Emploi :
mon intervention en discussion générale


Madame la présidente, messieurs les ministres, mes chers collègues, dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent, alors que les perspectives de sortie du chômage de masse ne sont pas encore tangibles, nous examinons les crédits de la mission « Travail et emploi » pour 2010. Au-delà des budgets et des chiffres, des effets d’annonce et de la communication politique, auxquels les Français ne croient plus en raison de leur trop grand décalage avec ce qu’ils vivent au quotidien, nous devons, en responsabilité, émettre un avis sur le projet de loi de finances pour 2010.

Des outils ont été mis en place, d’autres annoncés. Sont-ils efficaces, novateurs ? Pouvons-nous honnêtement en tirer un premier bilan ?

On nous disait que l’accès et le retour à l’emploi seraient facilités avec la création de Pôle emploi. Personne ne peut aujourd’hui sérieusement soutenir cette opinion. Il suffit de se déplacer et d’écouter : la récente grève massive des agents de Pôle emploi montre dans quelle détresse psychologique se trouvent aujourd’hui la majorité d’entre eux.

Quant aux maisons de l’emploi, Mme Dalloz et Mme Brunel devraient se mettre d’accord. Si Mme Dalloz en est une fervente défenseure,… Mme Brunel écrit dans son rapport : « Les maisons de l’emploi ajoutent une “ strate ” dans un système déjà complexe ; leur offre de services est parfois excessivement restreinte et très variable d’un lieu à l’autre ; l’amélioration de la qualité de service est parfois imperceptible ou insuffisante. Dans ces conditions, il est heureux que le conventionnement des maisons de l’emploi ait été fortement ralenti sur l’année 2008 et que le PLF 2010 ne prévoie que la reconduction du financement des maisons de l’emploi déjà conventionnées. »

On nous disait que pour accompagner l’entrée sur le marché du travail de plus de 500 000 jeunes, des mesures d’urgence, que l’on qualifiait de novatrices, étaient prises. Parmi celles-ci, les contrats aidés – mesure novatrice s’il en est – hués en leur temps par la droite parlementaire, supprimés par la loi de cohésion sociale. Ces contrats, qui devraient être réservés aux personnes les plus en difficulté, sont aujourd’hui entrés dans le droit commun et ne sont plus, contrairement à ce que nous avions fait en les mettant en place, assortis d’une formation.


Les contrats de professionnalisation, qui ont remplacé malencontreusement les contrats de qualification, et les contrats d’apprentissage ne connaissent pas, c’est le moins qu’on puisse dire, le succès que vous attendiez, malgré les aides diverses, exonérations, conventions annoncées et mises en place. Les dernières statistiques de la DARES montrent une baisse de 40 % des contrats de professionnalisation, et l’enquête que nous avons nous-mêmes menée au niveau des régions atteste, pour le mois de septembre 2009, une baisse des contrats d’apprentissage entre 3 % et 5 %, atteignant jusqu’à 10 % à 15 % dans le bâtiment et 16 % dans l’industrie. Le ministre n’était pourtant pas avare de déclarations optimistes, fondées sur des extrapolations qui pourraient bien n’être finalement que des élucubrations.

D’ailleurs, au sein même du Gouvernement, les estimations du nombre d’emplois créés ou préservés varient considérablement. La vérité, c’est que vous ne savez rien, que la traçabilité de votre politique est médiocre. Bref, c’est la grande embrouille ! Plus personne n’y comprend rien. Vous voulez surtout faire du chiffre, alors que la cacophonie gouvernementale s’installe à propos des effets sur l’emploi du plan de relance. Qui faut-il croire ? Vous-même, lorsque vous annoncez 600 000 emplois créés en 2009, ou M. Devedjian, qui parle de 250 000 ? Qui plus est, vous savez très bien qu’il vous est impossible de faire la part des effets d’aubaine. La situation difficile que nous vivons devrait vous inciter à un peu plus de modestie et de pondération ; votre politique y gagnerait assurément en crédibilité.


Rien de nouveau, donc, ni de spectaculaire dans la mise en place de ces outils. S’agissant des salariés, nous attendons toujours la réalisation effective de la sécurisation des parcours. Concernant le FISO, nous notons que c’est finalement avec les fonds des partenaires sociaux que vous financez en grande partie les politiques de l’État.

Nous attendons toujours, malgré les pressions incroyables exercées sur Pôle emploi et les missions locales, que les jeunes bénéficient des contrats d’accompagnement-formation à des métiers dits porteurs. En Midi-Pyrénées, 1 896 jeunes devraient entrer dans ce dispositif avant la fin de l’année. Cet objectif est-il bien réaliste ?


Quant aux services à la personne, ce formidable gisement d’emplois tant vanté par la loi de cohésion sociale notamment, ils se révèlent surtout être une trappe à travailleurs pauvres, en majorité des femmes, tant ils sont marqués par la précarité.

Enfin, que dire des contrats d’autonomie mis en œuvre dans le cadre du plan banlieues ? C’est un échec patent reconnu par tous.
Sur 45 000 contrats prévus d’ici à 2011, 12 400 ont été signés à raison de 30 000 euros par emploi, et seules 887 sorties positives ont été enregistrées. Alors que, dans ces quartiers, le taux de chômage des jeunes hommes entre quinze et vingt-quatre ans atteint 41,9 % à la fin 2008 contre 36 % en 2006 – le problème du chômage y est donc encore plus prégnant qu’ailleurs –, rien n’est prévu, pas de réorientation de crédits affectés à ce programme. On constate l’échec et on poursuit, alors que l’accompagnement social dans ces quartiers, on le sait, nécessite une appréhension globale des problèmes. Si l’emploi reste l’objectif final, on relève que dans la mission « Solidarité, insertion et égalité des chances », les crédits destinés à l’accompagnement des familles dans leur rôle de parents sont en baisse constante depuis 2007 et particulièrement marquée en 2010, et que l’État se désengage des réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents.

Il faudrait maintenant passer des discours, des annonces, des données invérifiables – qui sont ni plus ni moins de la communication politique, comme l’a dit récemment l’économiste Éric Heyer – à la mise en œuvre de politiques créatrices d’emplois qui n’accompagnent pas seulement les entreprises, dont les jeunes représentent la plupart du temps les variables d’ajustement.

En fait, votre politique s’apparente plus au traitement du symptôme qu’à celui de la maladie, plus facile mais très peu satisfaisant pour nos concitoyens. Ils viennent de le dire dans un sondage publié aujourd’hui, qui n’est pas commandé par l’Élysée, celui-là.

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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 23:54


Première séance du mercredi 28 octobre 2009

Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2010 : mon intervention en discussion générale

Madame la ministre, Monsieur le ministre, mes chers collègues,

vacuité et attentisme, telles sont les caractéristiques du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010.

Le plus grave, c’est que le budget mis en discussion aujourd’hui aura une conséquence néfaste sur celui des ménages et des malades, qui renoncent, pour certains, à se soigner, dans un contexte de crise que le Gouvernement gère en aggravant incontestablement les inégalités entre citoyens, entre territoires, entre « inclus » et « exclus », de plus en plus nombreux.

On peut cependant retenir une grande cohérence et un attachement inaltérable aux politiques libérales, même si, dans les discours, vous reconnaissez le rôle d’amortisseur social joué par notre système de protection sociale, notamment en période de crise. Ce système, pourtant, vous le fragilisez par les choix économiques et sociaux que vous faites : le coût d’accès aux soins laissé à la charge des assurés dépasse aujourd’hui 16 milliards d’euros ; malgré un déficit abyssal, vous n’avez pas augmenté les recettes, sauf par quelques mesures homéopathiques, alors que vous admettez par ailleurs que le déficit incombe surtout au manque de recettes. Vous préférez le laisser filer et pénaliser les malades, déjà gros contributeurs avec les franchises médicales à hauteur de 890 millions d’euros. Dans le même temps, vous sollicitez de plus en plus les mutuelles, qui, de ce fait, augmentent leurs cotisations, mettant ainsi à contribution les assurés.

Pour sauver la sécu, faut-il augmenter les recettes ou continuer à ponctionner les malades ? Vous avez choisi délibérément la deuxième proposition, nous menant lentement mais inexorablement vers la privatisation de notre système de protection sociale. C’est le fil rouge de votre politique.

On aurait aimé que vous voliez au secours de la sécurité sociale comme vous l’avez fait pour les banques. Où est le volontarisme politique que vous vous plaisez à valoriser ? En vérité, ce volontarisme est sélectif, toujours plus prompt à s’exercer en faveur de ceux qui ont déjà beaucoup plutôt qu’au profit des autres.

Depuis 2002, vos amis ont multiplié les mesures ponctuelles d’exonération de charges, représentant une hausse de 65 %. Vous sous-estimez le coût des niches sociales, l’évaluant à 9 milliards d’euros contre 15 milliards selon la Cour des comptes. Un récent rapport du Conseil des prélèvements obligatoires montre que les allégements généraux sur les bas salaires ne profitent pas – hormis à l’hôtellerie et à la restauration, que vous choyez particulièrement – à la compétitivité de l’économie et constituent des trappes à bas salaires, vous le savez pertinemment. Pour répondre à ces observations, vous mettez en place des mesures qui représentent moins de 800 millions de recettes pour la sécurité sociale.

Enfin, s’agissant de l’hôpital public, fidèle à la philosophie libérale la loi HPST, vous reniez vos engagements de report de la convergence tarifaire. Ceux qui, malheureusement, ont cru à un soutien du Gouvernement au service public hospitalier en sont décidément pour leurs frais !

Avec les réformes sur les ressources – impôts proportionnels de type CSG ou CRDS – et sur les dépenses – déremboursements, forfaits –, votre politique est antiredistributive et pèse d’abord sur les ménages modestes. Couplée à des réformes de l’impôt qui favorisent les plus riches – ISF, bouclier fiscal, baisse des droits de mutation et de succession –, elle pratique une redistribution à l’envers. En 2010, près de 20 milliards seront prélevés sur les classes moyennes au profit des plus aisés.

Votre politique est marquée du sceau de l’injustice et de l’inefficacité. Elle sera reconnue comme telle par nos concitoyens.

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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 21:41
Aujourd'hui lors de la traditionnelle séance des questions à l'Assemblée, j'ai interpellé le gouvernement sur la situation actuelle de Pôle Emploi.

Voci mon intervention dans l'hémicycle en images :

 
Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 15:53
Assemblée nationale
XIIIe législature
Session extraordinaire de 2008-2009

Compte rendu intégral
Première séance du vendredi 17 juillet 2009

Orientation et formation professionnelle tout au long de la vie



M. le président. Nous en venons aux explications de vote personnelles. La parole est à Mme Monique Iborra.

Mme Monique Iborra.
Ce projet de loi comportait deux grandes parties : la transcription de l’accord national interprofessionnel et la gouvernance, mise à l’ordre du jour dans ce texte – ce qui prouve bien qu’elle avait son importance.

S’agissant de la transcription de l’accord interprofessionnel, je rappelle que les partenaires sociaux se sont réunis dans l’urgence et sous la menace – nous pourrons vous présenter des textes à l’appui de nos affirmations. Votre transcription est tout à fait incomplète, ce qui explique que les organisations syndicales et les régions aient voté contre le texte présenté au Conseil national de la formation tout au long de la vie. Le Gouvernement ne peut donc se targuer aujourd’hui d’avoir l’aval des partenaires sociaux ; ce serait faux de l’affirmer.

Ce texte rate la marche de l’orientation, rate la marche de la coordination de la gouvernance, rate la marche de la formation initiale différée… Cela fait beaucoup pour une seule loi, d’autant qu’elle se voulait être un chef-d’œuvre en matière de réforme.

Enfin, il faut noter que ce projet de loi marque la volonté du Gouvernement de monter les élus locaux contre les citoyens – cela est assez clair mais ce n’est pas récent – et d’amorcer la réforme des collectivités locales. D’une manière un peu détournée, laissant penser que rien n’est vraiment changé – pourquoi dans ce cas une nouvelle loi, une nouvelle gouvernance ? –, votre texte s’emploie à préparer le débat sur la place des collectivités locales et la gestion des politiques publiques, un débat qui est loin d’être anodin. Cela nous paraît être en grande cohérence avec un gouvernement jacobin, empreint de suffisance, qui pense qu’il suffit d’invoquer l’État pour que les problèmes d’égalité soient réglés, alors que les politiques actuelles créent des inégalités comme jamais auparavant.

Pour toutes ces raisons, nous n’aurons aucun mal à expliquer pourquoi nous voterons contre ce texte.

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Retrouvez-ici l'ensemble des amendements défendus lors des séances du :
- 16 juillet matin
- 16 juillet après-midi
- 16 juillet soir
Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 15:48
Assemblée nationale
XIIIe législature
Session extraordinaire de 2008-2009

Compte rendu intégral
Première séance du mercredi 15 juillet 2009

Orientation et formation professionnelle tout au long de la vie

Mme Monique Iborra.
Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, nous voici réunis, à quelques jours de la fin de la session, à la mi-juillet, pour débattre d’un texte annoncé de longue date et qui devait être, selon le Président de la République, l’un des plus importants de la législature : celui de la réforme de la formation professionnelle.

La réforme était en effet nécessaire et nous étions prêts, bien que dans l’opposition, à y travailler avec vous sur le plan national aussi bien qu’au niveau local. Hélas, notre déception comme celle de nombreux acteurs, spécialistes ou citoyens, est grande à la lecture de votre projet, et le rejet de la plus grande partie de nos amendements en commission ne nous a pas permis de l’améliorer en le modifiant ou en le complétant.

Je citerai juste quelques communiqués qui corroborent nos propres critiques, celles que vous ne voulez pas entendre. Ainsi, pour le CEREQ, « cette loi ne simplifie pas le système, n’améliore guère le contrôle ; il n’y a pas de pilote dans l’avion, il n’y en aura pas demain. C’est toute l’architecture qu’il fallait revoir, au lieu de cela une réforme cosmétique qui ne réglera rien. » Je citerai également Pierre Ferracci que vous avez désigné pour piloter l’instance dite de concertation en amont : « Ce qui est prévu risque de rendre encore plus confus et obscur le système. »

Pas un jour où une voix n’apporte son lot de critiques et ne dénonce l’absence d’ambition de votre réforme. En fait, elle reste à faire. Vous contentant d’incantations, vous énoncez des objectifs que vous ne vous donnez pas les moyens d’atteindre.

Concernant la formation des salariés, nous pouvons comptabiliser pas moins de six lois depuis 2000. Très souvent, les partenaires sociaux insistent sur la nécessité d’inscrire dans la loi un droit à la formation initiale différée qui était contenu dans l’ANI et que vous n’avez pas transcrit. Vous ne retenez dans la démocratie sociale que ce qui vous intéresse. Contrairement à ce que vous affirmez, les préoccupations qui vous animent sont d’un autre ordre, j’y reviendrai.

La réforme reste à faire car, pour que la formation continue puisse représenter une seconde chance, elle devrait pouvoir être négociée au plus près des attentes et des besoins des salariés. Les inégalités ne se réduiront qu’à ce prix. Pour cela, il faudrait que vous révisiez vos idées essentiellement centralisatrices et dont le rapport de notre collègue Guégot constitue de ce point de vue un chef-d'œuvre d’approche jacobine complètement dépassée dans les démocraties modernes et qui ne sera d’aucune efficacité.

On ne trouve rien, dans votre projet, sur un véritable pilotage stratégique de la formation professionnelle, rien sur la clarification des compétences des différents acteurs malgré les déclarations de M. Balladur dans le cadre de la réforme des collectivités ; vous ne changez rien, vous ajoutez des dispositifs à ceux en vigueur ; vous appelez des financements croisés, notamment des régions, qui ne disposeront plus, dans le même temps, des compétences qui leur ont été octroyées depuis des années tant par des gouvernements de droite que de gauche, la dernière réforme datant de 2004.

En effet, votre première ambition – une petite ambition en l’occurrence – est de déposséder le plus possible les régions des politiques de formation, ainsi que l’avaient prévu les lois de décentralisation, de les déposséder aussi de la gestion financière des partenaires sociaux au profit de l’État. Pourtant, depuis des années, nous avons assisté à un désengagement constant de l’État. Aujourd’hui, vous incitez les partenaires sociaux à prendre en charge la formation des demandeurs d’emploi jusqu’à ce jour dévolue en grande partie aux régions.

L’État accentue son désengagement, récupère les financements des partenaires sociaux, souhaitant récupérer ceux des régions en revendiquant la mise au pas des partenaires sociaux et des régions sur les politiques à mener. Bref, vous décidez, nous finançons.

Faut-il rappeler que, selon une étude récente de votre ministère, l’État prenait en charge, en matière de formation, 670 000 chômeurs en 1990, contre seulement 155 000 en 2007 ! Faut-il rappeler que les régions ont financé 56 % des formations commencées en 2007 contre 52 % en 2006, l’État en ayant financé 26 % seulement et les ASSEDIC 11%. Les 7 % restant ont été pris en charge par d’autres entités comme les départements et l’AGEFIPH. Vous devriez par conséquent revoir vos déclarations concernant l’impact des régions sur la formation des demandeurs d’emploi.

En 2007, 57 % des formations de l’AFPA – que vous démantelez – ont été financées par les régions, contre 1 % en 2006. Ce transfert, vous l’avez imposé.

Recentraliser les décisions, transformer les régions en services extérieurs de l’État et faire main basse sur les financements pour contrôler les politiques de l’emploi : tel est le premier objectif de votre projet de loi. La même démarche a, du reste, présidé à la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC, qui a donné naissance à Pôle Emploi, financé en grande partie par les partenaires sociaux. Ce financement suscite d’ailleurs quelques interrogations, si l’on en juge par ce qui s’est passé lors d’un récent conseil d’administration.

Vous avez d’abord tenté, comme d’habitude, de jouer les uns contre les autres – les partenaires sociaux contre les régions –, mais vous avez échoué. Vous avez ensuite obligé les partenaires sociaux à négocier sous la pression et la menace à peine voilée – je vous renvoie, sur ce point, au texte du Président de la République et du Gouvernement de l’époque. Vous avez enfin procédé à un simulacre de concertation. Pierre Ferracci estime ainsi, dans un communiqué récent, que le groupe multipartite a travaillé sous la contrainte, que l’État était en retrait et qu’il n’y a pas eu de véritable concertation.

Votre texte rate la marche de l’orientation, puisqu’il fait uniquement référence à la mise en place d’outils, notamment un portail national – portail qui existe déjà, par ailleurs –, sans aborder le fond de la question. Il rate également la marche de la coordination et de la gouvernance, ainsi que celle de la formation initiale différée. Cela fait beaucoup pour un seul projet de loi, qui se voulait un chef-d’œuvre en matière de réforme.

Le 14 avril 2009, lors du Conseil national sur la formation tout au long de la vie, en dépit de vos brillantes explications,…

M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État
. Merci !

Mme Monique Iborra. Attendez la suite, monsieur le secrétaire d’État – vous la connaissez, d’ailleurs.

En dépit de vos brillantes explications, disais-je, le Conseil composé des régions, des partenaires sociaux – patronat et salariés – et des services de l’État a rejeté votre projet de loi. Seuls ces derniers ont voté pour, et l’on comprend pourquoi. S’agissant d’un texte dont vous dites qu’il est celui des partenaires sociaux, on se serait attendu à un autre résultat. Vous n’êtes pas, monsieur le secrétaire d’État, leur seul interlocuteur, loin s’en faut. Nous pourrions, du reste, extraire de leurs déclarations des propos qui contredisent les arguments que vous leur empruntez. Les partenaires sociaux n’appartiennent à personne !

Quoi qu’il en soit, nous attendions tous plus d’ambition, de respect et de confiance envers les acteurs locaux, notamment envers les collectivités régionales, que vous traitez avec tant de mépris que vous semblez oublier qu’elles sont issues du suffrage universel. Vous témoignez ainsi d’une certaine faiblesse ou d’une appétence de destruction de tout ce qui peut résister au Président de la République. C’est la complémentarité qu’il fallait rechercher, et non le doublement systématique des politiques existantes.

Nous attendions plus d’ambition, de volontarisme politique et moins d’effets d’annonce. Nous escomptions davantage de conviction pour traiter les problèmes de fond. La juxtaposition d’outils n’a jamais fait une politique.

Il ne suffit pas de communiquer de manière incessante pour annoncer des millions d’euros, que, de surcroît, vous n’avez pas, dont on ne peut suivre la trace et qui sont recyclés à chaque déclaration du Président de la République. Ainsi, le Fonds de sécurisation des parcours professionnels a tant de mal à se mettre en place au niveau local, au plus près des entreprises, que plusieurs régions ont créé, à leur initiative et à la demande des entreprises, un fonds financé par l’État – souvent sur les crédits dits « de relance » et non sur ceux du Fonds de sécurisation tant annoncé –, les régions et les partenaires sociaux.

La région Midi-Pyrénées a créé un fonds de ce type, intitulé « Qualification + ». Chaque mois, un comité de pilotage, composé de l’ensemble des partenaires sociaux – représentants des salariés et des employeurs –, de l’État et de la région, se réunit afin d’examiner les demandes des entreprises via les OPCA. Les critères d’éligibilité ont été élaborés en commun et sont donc respectés. Ce fonds intervient en matière de formation qualifiante des salariés en chômage partiel. Une convention a été signée. Trois comités de pilotage ont eu lieu depuis mai et plus de cinquante dossiers ont été retenus. Cette initiative démontre que nous n’avons pas besoin de votre convention-cadre.

Monsieur le secrétaire d’État, la décentralisation a du bon. Elle permet une mise en œuvre rapide et coordonnée, donc efficace, des politiques publiques. En déclarant récemment dans un quotidien qu’« écarter les collectivités serait absurde », vous avouez implicitement que la politique que vous menez est absurde. Vous vantez le travail en équipe, mais vous en avez sans doute une curieuse conception.

Contrairement à ce que vous prétendez, le partenariat en région fonctionnait bien. Au reste, les différents partenaires reconnaissent le rôle pilote des régions et souhaite le voir confirmé. La décentralisation permet de s’adapter à la diversité des réalités territoriales. De même que l’uniformité n’est pas forcément un gage d’égalité, la décentralisation n’implique pas nécessairement un accroissement des inégalités. Vous dites vous-mêmes que ce n’est pas le choix du Gouvernement et vous multipliez les dispositifs redondants et les doublons, créant délibérément des systèmes parallèles, lesquels aboutissent forcément à un gaspillage d’argent public et d’énergie qui nuit à toute forme d’efficacité.

Quant à la liaison entre emploi, formation et développement économique, elle est totalement absente de votre texte, alors que c’est ce triptyque qui permet aux territoires de se développer harmonieusement. Si vous évitez de l’aborder, c’est sans doute parce que la coordination des politiques économiques relève de la compétence des régions, qui sont les mieux placées pour assurer la cohérence nécessaire avec l’ensemble des acteurs locaux et des collectivités.

Vous menez une politique à courte vue, alors que le chômage de longue durée a progressé de près de 5 % en un an, que plus d’un million de chômeurs sont inscrits à Pôle Emploi, désormais chargé de la formation des jeunes – qui relève, là encore, des régions, lesquelles y consacrent un budget non négligeable – et que les finances publiques, déjà en faillite en septembre 2007 selon le Premier ministre, sont très préoccupantes, le déficit public atteignant aujourd’hui 7 % du PIB.

Il s’agit bien d’une occasion manquée, et nous le regrettons sincèrement. En effet, cette réforme aurait pu non seulement juguler les effets de la crise, mais aussi susciter une véritable mutation vers une économie de l’innovation et de la connaissance, fondée d’abord sur le capital humain. Vous auriez pu entreprendre une grande réforme, qui consacre la place de l’investissement social et dont les entreprises, les salariés et les citoyens auraient bénéficié. Il nous restera tout à faire : créer une véritable sécurité sociale professionnelle et promouvoir un mode de développement différent. Depuis l’apparition de la crise, vous semblez défendre ces objectifs dans vos discours, mais ceux-ci sont quotidiennement démentis par les faits. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 13:27

Situation de l’entreprise de semi-conducteurs Freescale à Toulouse

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra, pour exposer sa question, n° 717, relative à la situation de l’entreprise de semi-conducteurs Freescale à Toulouse.

 

Mme Monique Iborra. Madame la secrétaire d’État chargée du commerce extérieur, je me permets d’appeler votre attention sur la situation du site français de l’entreprise américaine Freescale, anciennement Motorola Semi-Conducteurs, installée à Toulouse, dans ma circonscription. Bien que les salariés aient accepté le gel des salaires pour 2009, effectué trois semaines de chômage partiel en 2008 puis, cinq semaines en 2009, consenti à traverser deux plans sociaux d’entreprise en dix-huit mois, lesquels ont conduit à la suppression de 270 emplois, ils ont, le 22 avril 2009, appris l’annonce officielle de la fermeture du site d’ici à 2011. Déjà, le 24 février 2009, j’avais, par le biais d’une question écrite, alerté Mme la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi sur cette situation. Aucune réponse ne m’est parvenue depuis lors. Le président de la région Midi-Pyrénées avait, dès le mois de septembre 2008, alerté l’État par courrier sur la menace de fermeture de ce site. Or rien n’a été entrepris par le Gouvernement.

En 2001, 2005 et 2006, la région Midi-Pyrénées avait financé à hauteur de deux millions d’euros.les équipements de recherche communs à Freescale et au laboratoire public LAAS. Aujourd’hui, le site de Toulouse va subir le même sort que les usines situées.en Écosse et au Japon : une fermeture brutalement annoncée aux salariés. La situation est explosive : plus de 1 000 emplois seront supprimés, malgré la prise en compte des inquiétudes par le directeur local de Freescale. Une conférence téléphonique a eu lieu la semaine dernière au conseil régional avec le président-directeur général américain de Freescale. Celui-ci invoque des difficultés financières depuis trois ans – consécutives, à notre sens, à la mise en place d’un LBO qui oblige l’entreprise à rembourser 900 milliards de dollars par an jusqu’en 2012 –, mais également des problèmes d’ordre technologique sur le site de Toulouse et, plus récemment, les effets de la crise financière.

Madame la secrétaire d’État, que compte faire le Gouvernement dans l’intérêt des salariés, et du développement économique de notre région ? Nous attendons une réponse précise de votre part.

 

M. le président. La parole est à Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État chargée du commerce extérieur.

 

Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État chargée du commerce extérieur. Madame la députée, ainsi que vous l’avez rappelé, la direction de la société Freescale semi-conducteurs de Toulouse a malheureusement annoncé, le 22 avril dernier, la fermeture de son unité de fabrication de puces électroniques d’ici à 2011. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une restructuration mondiale du groupe, qui prévoit la suppression de trois sites, dont celui de Toulouse.

Depuis 2007, l’activité de Freescale est touchée par le recul du marché automobile. Un plan de sauvegarde de l’emploi portant sur 102 personnes a déjà dû être mis en œuvre à l’été 2007. La situation ne s’est pas redressée en 2008 en raison, principalement, des difficultés de Chrysler, un de ses principaux clients.

De manière générale, le secteur des semi-conducteurs connaît une crise de grande ampleur et accuse une baisse d’activité de 30 % en moyenne. C’est pourquoi mon collègue Luc Chatel est mobilisé sur l’avenir de ce secteur d’importance stratégique. Il a eu l’occasion d’organiser en mars dernier une table ronde avec les organisations syndicales sur le secteur du semi-conducteur, qui a conduit à identifier des pistes d’action en faveur du renforcement de la compétitivité de l’ensemble de la filière.

Pour ce qui concerne le site de Toulouse, qui vous intéresse au premier chef, madame la députée, mon collègue est déterminé à examiner toutes les pistes de reprise partielle ou totale d’activité ou de réindustrialisation qui permettraient de tirer profit des compétences et des équipements présents.

Le commissaire à la réindustrialisation nommé dans votre région Midi-Pyrénées est d’ores et déjà mobilisé sur ce dossier dont il fera l’une de ses toutes premières priorités. Il aura la tâche, d’une part, de faciliter la reprise de l’activité de recherche et développement et, d’autre part, de veiller à la qualité et à l’efficacité du plan de sauvegarde de l’emploi. Il est en effet mandaté pour conduire et animer, en concertation avec les acteurs de terrain les actions de réindustrialisation, de création de nouvelles activités que le dynamisme intrinsèque de votre territoire et la qualité des salariés doivent favoriser.

J’observe que des réflexions sont déjà engagées pour mettre sur pied une plate-forme d’intégration de puissance destinée à développer des modules électroniques de puissance nécessaires à la migration de l’industrie automobile vers des véhicules électriques. Basée sur le site de Freescale, elle devrait accueillir des chercheurs issus des laboratoires publics, des industriels, des grands comptes et des PME participant aux systèmes embarqués ainsi que des universitaires. Dans ces conditions, vous ne pouvez pas dire, madame la députée, que le Gouvernement reste inactif. C’est tout le contraire, puisque ce site a été intégré dans la mutation nécessaire de notre appareil industriel.

 

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra.

 

Mme Monique Iborra. J’ai bien entendu votre réponse, madame la secrétaire d’État. Mais si, comme vous le prétendez, le Gouvernement intervient en faveur de cette entreprise, comment se fait-il que les élus n’aient jamais pu rencontrer le commissaire à la réindustrialisation qui doit suivre ce dossier ? Comment expliquez-vous que les organisations syndicales n’aient toujours pas obtenu de rendez-vous avec le préfet ? Enfin, pensez-vous qu’une activité de recherche qui n’est pas liée à une activité de production puisse être pérennisée ? Je maintiens donc que le Gouvernement – pour des raisons qui nous échappent – s’inquiète fort peu du sort de cette entreprise. Mais croyez bien que nous, les élus nationaux et locaux, resterons très vigilants.

Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /2009 13:28

Plan jeunes

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

 

Mme Monique Iborra. Monsieur le Premier ministre, les jeunes sont les premières victimes de la crise dans notre pays et si leur taux de chômage a augmenté de 24 % en un an, il atteignait déjà 18 % avant la crise, contre 8 % pour le reste de la population. Or, rien dans le plan de relance gouvernemental ne les concerne.

Avant même que la commission Hirsch ait pu rendre ses conclusions, le Président de la République, comme à son habitude, a annoncé des mesures qui veulent apparaître nouvelles, et comprennent l’apprentissage, compétence décentralisée aux régions depuis 2004, et les contrats de professionnalisation, qui ont chuté de 20 à 30 % ces derniers mois. Faut-il rappeler que, s’agissant de ces mêmes contrats de professionnalisation, la loi de finances de 2008 a supprimé l’exonération attachée aux cotisations du contrat, rendant ce dernier beaucoup moins intéressant pour les entreprises ?

Une pirouette suffit pour faire oublier les mesures prises et donner une prime exceptionnelle aux entreprises qui concluraient un contrat de professionnalisation, alors que ceux-ci ne débouchent pas forcément sur un emploi pérenne. Mais aucune contrepartie en termes d’emplois n’est demandée aux entreprises. Les effets d’aubaine seront nombreux, comme cela a été le cas pour les heures supplémentaires. Et, contrairement à ce qui a été dit, les organisations syndicales de salariés s’interrogent grandement sur le financement de cette mesure.

De même, les emplois aidés, longtemps honnis par votre gouvernement, reviennent en force. Nous sommes cependant obligés de dénoncer votre obstination à ne pas reconnaître le bien-fondé des emplois jeunes, mis en place par la gauche et dont une large majorité ont été pérennisés. Ces emplois ont permis l’émergence de nouveaux métiers, dans l’environnement notamment, mais pas seulement. Ils se sont tous accompagnés d’une professionnalisation et de formations solides. Mais votre dogmatisme et votre parti pris vous empêchent de reconnaître l’utilité d’emplois publics si nécessaires particulièrement en période de crise. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

 

Retrouvez l'intégralité du débat en cliquant ici

Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 12:24
Intervention du mardi 24 mars 2009

Au nom du Groupe SRC


Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre (L.WAUQUIER),
Mes chers collègues,


On ne peut ignorer le contexte économique et social dans lequel nous débattons aujourd’hui du devenir des maisons de l’Emploi et de la pérénité du financement de l’Etat. Ce contexte, Monsieur le Ministre, n’est sans doute pas étranger aux prises de positions que vous développez aujourd’hui. Vous redécouvrez enfin les maisons de l’emploi, comme vous redécouvrez les emplois aidés après les avoir condamnés, comme vous redécouvrez les missions locales après les avoir contournées: nous ne sommes plus dans la rupture mais dans la continuité...
Le nombre de chomeurs explose, les entreprises licencient tout azimut même quand elles font des bénéfices, vos mesures pour l’Emploi, Monsieur le Ministre manquent de lisibilité et nous avons du mal à en voir la déclinaison concrète sur les territoires et dans les entreprises.
Heureusement les collectivités locales, les Régions notamment sont là pour y pallier, Pôle Emploi, qui lorsque vous l’avez présenté, “devait ramener le taux de chômage à 5%” a du mal à se mettre en place, submergé qu’il est par l’afflux des demandeurs d’emploi devant faire face en même temps à des réformes de structure que la loi a imposé.
Et bien dans ce contexte, nous débattons aujourd’hui de l’opportunité ou pas de la pérénité et donc du financement par l’Etat des maisons de l’emploi.
Maisons de l’emploi, qui doit on le rappeler ont été mises en place par la loi de cohésion sociale du précédent gouvernement. Il est vrai qu’il s’agissait alors de faire confiance aux élus locaux, de les copier souvent, de territorialiser les politiques de l’emploi, de tenir compte des spécificités locales, d’agir en complémentarité avec l’ANPE en lien avec les entreprises, autant de démarches desquelles la politique que vous mettez en place s’éloigne radicalement: vous recentralisez, vous ignorez, vous chargez les collectivités locales de tous les maux, alors que vous seriez bien inspiré des les imiter dans un grand nombre de cas.
Alors que nous voyons des licenciements massifs se multiplier, je suis sure que vous ne souhaitez pas qu’à leur tour les collectivités locales soient obligées de licencier parce que l’Etat ne soutiendrait pas ou pas suffisamment les structures qu’il a largement poussé à mettre en place.
Cependant j’ai cru déceler dans vos déclarations une recentralisation de la politique des maisons de l’emploi. Les maisons de l’emploi ne sont pas et ne doivent pas être l’instrument de l’Etat, mais bien de répondre aux besoins locaux au service de l’emploi, de l’économie et du développement local. Une recentralisation excessive des politiques menées seraient contre-productive. Nous prenons acte de vos déclarations mais nous resterons extremement vigilants.
Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /2009 13:32
REFORME DE L'HOPITAL

Mme Monique Iborra. Madame la ministre, au fur et à mesure que nous avançons dans l’examen de ce projet de loi, nos inquiétudes, comme nos convictions, s’affirment malheureusement, à la lumière de nos débats. C’est pourquoi nous avons déposé un certain nombre d’amendements – que, sans doute, vous n’accepterez pas.

Vous menez une bataille en règle contre l’hôpital. Comme cela a été dit sous une autre forme, vous dénaturez complètement l’activité des hôpitaux publics, qui sont au cœur de notre système de soins, en mettant la gouvernance comptable administrative au cœur des établissements publics.

Ainsi, madame la ministre, il se peut que j’aie mal compris, mais vous paraît-il normal que le projet médical doive être en conformité avec le contrat d’objectifs et de moyens ? Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? La question vous a déjà été posée par M. Préel, mais nous n’avons pas eu de réponse. C’est bien la gouvernance administrative comptable qui est au cœur de votre projet.

J’en viens aux services et aux chefs de pôles qui, de notre point de vue, devraient assurer la nécessaire transversalité au plus près des services de soins. Madame la ministre, que garantissez-vous à ces médecins chefs de pôles, si ce n’est d’être une courroie de transmission entre l’administration et les services de soins ? Pensez-vous vraiment que de jeunes médecins puissent être intéressés par les carrières hospitalières, si elles n’ont pour seul objectif que d’être une courroie de transmission sans pouvoir entre l’administration et les services de soins ?

Les bancs clairsemés de la majorité…

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. C’est sans doute que vos propos n’intéressent pas les députés de la majorité !

 

M. le président. Il va falloir conclure, madame Iborra !

 

Mme Monique Iborra. Les bancs clairsemés de la majorité témoignent-ils du désintérêt qu’elle porte au texte ? À moins – j’ose l’espérer – qu’elle ne soit un peu gênée d’être avec vous, madame la ministre, les fossoyeurs de l’hôpital public ! (« Très bien ! » sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

 

 


Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /2009 13:58

Mme la présidente. La parole est à Mme Monique Iborra.

 

Mme Monique Iborra. J’ai déjà fait part de nos inquiétudes lors de la discussion générale. Je répéterai simplement que la verticalité que vous instaurez – je regrette de devoir vous le dire, madame la ministre – est vraiment archaïque et entraînera des dysfonctionnements bien plus graves que ceux que l’on connaît aujourd’hui. Ce n’est pas d’une organisation verticale que nous avons besoin, mais bien d’un système horizontal et – j’ose le mot – participatif, qui n’existe absolument pas dans l’hôpital actuel.

 

M. Jacques Domergue. On passe son temps en réunions, à l’hôpital !

 

Mme Monique Iborra. Quant à la place des élus, je vous rejoins, mon cher collègue Reitzer. Vous posez la question, mais nous avons pratiquement la réponse.

 

M. Robert Lecou. Attendons !

 

Mme Monique Iborra. On comprend que vous interrogiez Mme la ministre ; mais qu’en est-il des élus des hôpitaux que vous citez et des CHU, si investis soient-ils ? Puisque Mme la ministre ignore sans doute ces réalités, permettez-moi de citer une anecdote personnelle que je tire de la région Midi-Pyrénées. Le directeur du CHU est venu nous demander de participer à de grands projets d’investissement au niveau de son hôpital.

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Cela se fait depuis très longtemps !

 

Mme Monique Iborra. Certes, mais cela montre combien les élus comptent, même pour un directeur général.

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Évidemment !

 

Mme Monique Iborra. Mais ils ne comptent manifestement plus pour vous, et ils ne compteront plus dans la logique que vous voulez instaurer à l’hôpital.

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Pourquoi donc ?

 

Mme Monique Iborra. Vous ne pourrez pas nous rassurer sur ce point. Il est évident que c’est à cela que vous voulez aboutir. Or cela entraînera des dysfonctionnements et aggravera la situation. La gouvernance qu’instaure votre projet ne vous permettra pas de régler les problèmes de l’hôpital.

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