Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 13:25

Madame, Monsieur,

Chers amis,

Débattue prochainement au Parlement, la réforme des collectivités territoriales, si elle est votée en l'état, va bouleverser non seulement le paysage institutionnel français mais également vous touchera dans la vie de tous les jours : citoyens,  entreprises, associations, bref tous celles et ceux qui ont un lien avec le développement économique et social de nos villes, de nos quartiers, de nos campagnes.

C'est pourquoi, devant la gravité de la situation, j'ai organisé une réunion publique très largement ouverte mardi 1er décembre à Muret pour vous informer, débattre avec vous.

Et défendre nos territoires. A ce propos, je vous invite à visionner ce film réalisé par le Parti Socialiste intitulé "Les Territoires qu'on aime" :



Voici quelques éléments de mon intervention lors de cette réunion publique muretaine :

"Je vous remercie d’être venus si nombreux, élus, militants, sympathisants mais aussi associations, entreprises, bref citoyens, citoyennes qui avaient répondu positivement à mon invitation.

En début d’année dernière, je m’étais engagée à passer une journée entière sur l’un des cantons de ma circonscription qui en compte 5  à la rencontre des citoyens et terminer la journée par une réunion publique.

C’est ainsi que j’ai passé, il y a quelques temps, une journée entière sur le canton du Mirail, nous avions terminé la journée par une réunion publique où nous avions présenté aux habitants des quartiers venus nombreux, notre proposition de loi sur les discriminations.

A ce propos je voudrais indiquer que depuis juin 2007, ce sont déjà 57 propositions de loi qui ont été déposées par notre groupe Socialiste à l’Assemblée Nationale.

Il y a quelques semaines, j’étais sur le canton de Léguevin où le thème de la réunion  publique organisée à Plaisance du Touch était : « Quelle Europe voulons nous ? »

J’ai donc passé la journée aujourd’hui sur le canton de Muret où j’ai rencontré des élus, mais également des parents d’élèves, des demandeurs d’emploi à Pôle Emploi, des commerçants. J’ai pu échanger avec eux et avec les maires de ce canton sur les diverses problématiques qu’ils peuvent rencontrer. Je tiens d’ailleurs à remercier l’ensemble des maires pour leur accueil.

Cette journée se termine donc par cette réunion publique ce soir dont le thème porte sur la réforme des collectivités, sujet d’actualité s’il en est, sujet difficile qui nécessite des explications, des démonstrations pour bien vous faire mesurer l’enjeu de cette réforme, non pas seulement pour les élus, mais qui va impacter votre quotidien, la vie quotidienne de l’ensemble des citoyens.

J’aurais pu choisir d’autres sujets, hélas tout autant d’actualité, comme le chômage qui est la première préoccupation, à juste titre de nos concitoyens, chômage qui est reparti en octobre à la hausse comme au plus fort de la crise et qui a augmenté de 52 400 personnes en un mois. Ce qui porte à une hausse de 25% en un an !

J’aurais pu choisir de parler de la santé, qui est la deuxième préoccupation des français. Le coût de la santé s’envole dans les budgets des ménages du fait des déremboursements, des franchises et autres dispositifs qui font que les coûts directs de santé dans le budget des ménages ont augmenté de 40 à 50% en moyenne. A force de dérembourser, on décrédibilise le système et on prépare sans le dire, le terrain à l’assurance privée.  Le déficit de la Sécurité Sociale pour 2009 à plus que doublé. Le gouvernement a sauvé les banques mais on voit bien avec le vote de la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2010, qu’il laisse notre organisme de protection sociale s’enfoncer dans des déficits abyssaux, aujourd’hui il s’agit de 30 milliards d’euros.

Enfin, et pour faire plaisir au Président de la République, nous aurions pu débattre de la sécurité, de l’immigration, de l’identité nationale mais nous aurions été les complices des manipulations de l’opinion, qu’il met en place à quelques mois des élections régionales.

J’ai donc choisi le thème de la réforme des collectivités locales, sujet complexe, rendu complexe par Nicolas Sarkozy et le gouvernement tant cette réforme est l’objet de mensonges et de manipulations.

Parler des collectivités, communes, régions, départements, c’est parler de la République, des services publics, du développement économique et social donc d’emploi, de santé, de solidarité, c’est parler d’éducation, de formation, de développement économique, de cohésion sociale. Bref c’est parler de la vie quotidienne, car oui par leur action, leur compétences qui se superposent beaucoup moins qu’on ne veut bien le dire, c’est grâce aux politiques qu’ils mettent en place dans tous les champs que j’ai cité, que des hommes et des femmes, démocratiquement élus, remplissent leur mission tandis que l’état se désengage financièrement chaque année un peu plus.

Que penser de ce gouvernement qui demande le matin aux collectivités d’activer leurs investissements - je rappelle que 73% des investissements dans ce pays sont le fait des collectivités locales - qui demandent à midi de l’aider à financer des routes ou la ligne à grande vitesse et qui le soir les accusent de folie fiscale !

Il faut que vous sachiez qu’en 2009 sur 100€ d’impôts, 78€ sont prélevés par l’Etat, 8€ par les départements, 12€ par les communes ou les intercommunalités et 2€ seulement par les régions.   
  
Il faut aussi que vous sachiez que Nicolas Sarkozy a crée pas moins de 16 nouvelles taxes en 2 ans !

Il faut que vous sachiez que les dépenses de communication du service d’information du gouvernement ont progressé de plus de 300% entre 2008 et 2009.

Il faut que vous sachiez que le gouvernement a dépensé plus de 4 millions d’euros pour faire savoir aux français que leur pouvoir d’achat avait régressé. Ils ne s’en étaient pas aperçu !

Assurément, il est des questions qui fondent plus que d’autres le clivage politique entre la Droite et la Gauche. Le thème de la décentralisation en est un.

Depuis 1982, nous considérons avec d’autres en Europe qu’un pouvoir centralisé n’est pas forcement un pouvoir efficace, qu’œuvrer pour la décentralisation que la Droite a toujours combattu, n’est pas qu’une démarche technique mais c’est une démarche qui fait de la démocratie locale, un socle politique. Ceci n’est d’ailleurs pas antinomique avec un état fort.

La participation aux élections locales est plus qu’honorable malgré la désaffection citoyenne apparemment généralisée. Tout porte à croire qu’un lien constructif s’est instauré entre le peuple français et la démocratie locale et citoyenne. C’est cette réussite que le Président de la République a décidé de casser par sa réforme des collectivités locales.

En fait depuis plusieurs mois maintenant, la communication élyséenne bat son plein sur les aspects les plus anecdotiques (la création des élus territoriaux pour faire paraît-il des économies) et parfois les plus caricaturaux (la folie fiscale des collectivités) pour préparer le terrain à une réforme qui sous prétexte de simplification, illusoire et non encore explicitée complètement, va porter un mauvais coup à la démocratie locale. A la démocratie tout court.

Il nous paraît,hélas de plus en plus clair, que ce projet vise à réaliser une OPA sur les 200 milliards d’euros de budgets locaux qui sont aujourd’hui gérés essentiellement par les élus de Gauche au profit des politiques mises en place.

Il nous paraît de plus en plus clair que les élus représentent pour le gouvernement à leur tour les boucs émissaires, comme ont pu l’être les enseignants, les juges, les médecins hospitaliers…

Il nous paraît également de plus en plus clair que veut s’exercer avec une brutalité inouïe la volonté de recentralisation tous azimuts au détriment de l’efficacité et de la justice sociale.
Enfin la réforme du mode de scrutin proposé, n’a aucune justification autre que celle de récupérer au profit de l’UMP les territoires majoritairement à Gauche."

Réunion publique du 1er décembre sur la Réforme des Collectivités à Muret

De gauche à droite : Jean-Jacques MIRASSOU, Sénateur - Monique IBORRA, Députée - François REBSAMEN, Sénateur-Maire de Dijon - André MANDEMENT, Maire de Muret, Geneviève TAPIE, Présidente de l'Observatoire de la Parité en Languedoc-Roussillon

Partager    
Retour à l'accueil

Portrait

Calendrier

Juillet 2010
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Moteur de recherche

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés