Partager l'article ! Au sujet des contrats aidés dans les associations: En ces temps de crise, l'Etat continue son désengagement. Il réduit l'aide aux em ...
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En ces temps de crise, l'Etat continue son désengagement.
Il réduit l'aide aux emplois aidés alors que c'est exactement l'inverse qu'il faudrait faire !
Article de la Dépêche du Midi du 31/08/2010 :
Le 22 juillet, un arrêté préfectoral a revu à la baisse l'aide de l'État aux contrats aidés, très prisés par les associations. Un coup dur pour leurs budgets déjà minés par la crise.
Signé en plein milieu de l'été, le 22 juillet dernier, par le préfet de Haute-Garonne Dominique Bur, l'arrêté préfectoral fixant le montant de l'aide de l'État pour les contrats d'accompagnement
dans l'emploi (CAE) et autres contrats aidés est passé inaperçu. Pourtant, c'est un gros coup de massue qui s'est abattu sur la tête des associations, friandes de ce genre de dispositifs. Et pour
cause. Avant les nouvelles dispositions, l'État assumait 90 % de la rémunération des titulaires d'un CAE, dans une limite de deux ans et de 30 heures de travail hebdomadaires. Aujourd'hui, le
taux de prise en charge a chuté à 80 %, pour 20 heures hebdomadaires et six mois maximum. Traduction : pour un salarié à 35 heures par semaine rémunéré au Smic (1 055 euros nets mensuels), les
associations doivent aujourd'hui participer à hauteur de 575 euros par mois, contre 245 euros avant l'arrêté de juillet. « C'est catastrophique, résume Anne-France Looses, présidente de la Banque
alimentaire de Toulouse, qui emploie six personnes en contrats aidés. Pour ne pas avoir à diminuer la masse salariale, nous allons devoir puiser dans nos caisses et demander aux collectivités qui
nous financent de donner un peu plus. »
DES EMPLOYÉS VONT REPLONGER DANS LA PRÉCARITÉ
Mais toutes les associations ne pourront pas ouvrir le porte-monnaie, déjà peu fourni en temps de crise. Au Secours populaire de la Ville rose, l'avenir des neuf salariés est plus qu'incertain. «
Le manque à gagner est trop important. Nous ne pourrons pas reconduire tous les contrats, et des employés vont replonger dans la précarité », regrette Houria Tareb, la présidente. La situation
est d'autant plus préoccupante qu'une diminution de la main-d'œuvre implique inévitablement une perte d'efficacité. «Cet arrêté va avoir des conséquences sur le fonctionnement. Répondre à la
demande sera de plus en plus difficile, car certains postes qui nécessitent une présence à temps plein ne peuvent pas être occupés par des bénévoles », précise-t-on au Secours populaire. Même
constat chez Format-son, une association toulousaine qui propose des formations professionnelles aux métiers du son. « Pour fournir un service à bas prix, accessible à tous, je suis obligé
d'avoir recours aux contrats aidés. Si je ne peux plus le faire parce qu'ils me coûtent trop cher, ma mission ne sera plus assurée », soupire Jérôme Koenig, le directeur.
DEPARTEMENT ET REGION NE SE SUBSTITUERONT PAS
L'arrêté préfectoral du 22 juillet ne mécontente pas seulement les associations. Le conseil général de Haute-Garonne et la région Midi-Pyrénées - qui, avec les mairies, financent en bonne partie
les structures associatives - n'apprécient pas du tout le désengagement de l'État en ce qui concerne les contrats aidés. Il faut dire que les présidents d'associations risquent de se tourner vers
les collectivités locales pour solliciter des subventions supplémentaires. « La situation est inquiétante. L'État diminue sans cesse ses aides dans tous les domaines, y compris l'associatif. Le
département, qui est de plus en plus sollicité et de moins en moins financé, ne pourra pas se substituer à l'État pour la prise en charge des contrats aidés. D'autant plus que nous finançons déjà
près de 200 emplois dans les associations de Haute-Garonne », soupire-t-on au conseil général. Du côté de la Région, Monique Iborra, vice-présidente chargée notamment de l'emploi et de la
formation professionnelle, noircit encore le tableau. « Il n'est déjà pas normal que l'État se désengage en catimini à la faveur d'un arrêté. Mais le pire est à venir. Dans le rapport introductif
de la loi des finances 2 010/2011, qui sera débattue en octobre à l'Assemblée, il est dit clairement que le nombre d'emplois aidés sera diminué et que leur taux de prise en charge sera encore
revu à la baisse. » Autrement dit, le calvaire financier des associations ne fait que commencer. Et à l'instar du département, le conseil régional ne pourra pas enfiler son costume de sauveur. «
Sur cinq ans, nous avons financé quelque 1 000 emplois associatifs. Mais nous ne pourrons pas faire plus, par manque de moyens. Répondre à la demande des associations, qui grandira au fur et à
mesure du désengagement étatique, sera tout simplement impossible. C'est quand même incroyable qu'en temps de crise on réduise l'aide aux emplois aidés alors que c'est exactement l'inverse qu'il
faudrait faire », conclut Monique Iborra.
H.C.
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