Mercredi 21 janvier 2009
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SÉANCE DU MARDI 20 JANVIER 2009
QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
Réforme de la tarification, moyens humains et financiers en baisse, critères de gestion axés sur la rentabilité financière : à la veille d’une nouvelle réforme dont les personnels comme les
usagers ont tout à craindre, l’hôpital public est en danger !
La santé est le bien le plus précieux de nos concitoyens. Or, le gouvernement est en train de saper les fondements de notre système de soins et il s’apprête à réorganiser complètement l’offre de
soins hospitaliers dans le plus grand mépris des personnels comme des usagers.
Face à cette situation intenable, j’ai interpellé la Ministre de la santé en séance. Voici mon intervention :
Dans un récent discours, estimant que le problème de l’hôpital était un problème d’organisation et non de moyens, le Président de la République déclarait : « Comme toujours en France, on ne
regarde pas l’intérieur du moteur. »
Eh bien, regardons les faits.
Les directeurs d’hôpitaux annoncent désormais clairement des suppressions de postes, des centaines de départs à la retraite n’étant pas remplacés, afin de juguler les déficits que votre politique
a largement contribué à aggraver.
Vingt-neuf CHU sur trente et un accusent un déficit. La tarification à l’activité ou son application n’y est évidemment pas étrangère. Si les dépenses de santé tous secteurs confondus – l’hôpital
n’est pas le seul concerné – ont augmenté d’une manière importante en dix ans, les budgets hospitaliers connaissent d’importantes difficultés depuis deux ans.
On s’attaque désormais à l’emploi pour réaliser les gains de productivité que vous imposez aux établissements en vertu d’une gestion purement comptable. En cohérence avec les méthodes déjà
utilisées avec le succès que l’on connaît à l’éducation nationale, vous asphyxiez l’hôpital public et justifiez ainsi la nécessité et le bien-fondé de vos réformes. Or rationaliser n’est pas
rationner.
Ma question est donc la suivante : quand le Gouvernement va-t-il cesser d’allumer des incendies partout sous prétexte de réformes dont l’efficacité reste à démontrer ? Quand va-t-il cesser cette
politique à l’encontre de l’éducation nationale, de l’hôpital et, demain, de La Poste, politique qui s’apparente surtout à une entreprise de démolition des services publics, dont le coût humain –
il s’agit là de santé – sera bien plus élevé que les économies escomptées ?
Vous retrouverez l’intégralité des débats et la réponse de Mme la Ministre au format texte en cliquant sur le lien suivant :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2008-2009/20090133.asp#INTER_11