Dimanche 6 avril 2008
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Commission des affaires culturelles, familiales et sociales
Audition, ouverte à la presse, de M. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, sur les nouveaux programmes de l’école primaire 2
Extrait de mon intervention concernant la réduction des effectifs de la fonction publique et notamment dans l'Education nationale :
"M. Philippe Joutard estime que « ces projets de programmes sont infaisables, déraisonnables et finalement peu
exigeants ». Il conseille également de se référer aux évaluations internationales montrant que les élèves français manquent de confiance en eux, n’aiment pas prendre de risques et ne laissent pas
assez libre cours à leur imagination. À cela, le ministère répond, selon ce spécialiste, par le développement des techniques et non par celui de la créativité.
Dans ma circonscription, des parents d’élèves, des lycéens et des enseignants occupent en ce moment même un
établissement scolaire. Lorsque l’on veut mener des réformes aussi ambitieuses que les vôtres, Monsieur le ministre, comment laisser se développer un climat aussi délétère ? Comment pouvez-vous
ignorer ce contexte ? Il est incompréhensible d’avoir une approche exclusivement comptable de ces questions. Dans la région Midi-Pyrénées, 230 postes sont autoritairement supprimés par le recteur
alors que le nombre d’élèves augmente de 530. Il est essentiel de rétablir un climat de confiance et de sérénité quand on veut mener les réformes que vous proposez."
Déclaration de M. Xavier Darcos lors des questions au gouvernement le mercredi 3 avril :
Puisque vous nous taxez d’idéologie, puis-je vous rappeler qu’en vingt ans, le premier degré a perdu 200 000 élèves dans le même temps que l’on y a créé 12 000 emplois, et le second degré 145 000
élèves sans que le taux d’encadrement pédagogique y ait été réduit ? Il ne faut certes pas supprimer les emplois quand ils sont nécessaires. Pour autant, ces créations de postes successives
ont-elles amélioré la performance éducative de notre pays ? La réponse est non.
« Puisque l’école primaire va mal, créez des postes », me dites-vous. Je vous réponds : non, plutôt que de créer des postes, il faut réformer l’encadrement pédagogique, assurer des études
surveillées et des stages pour les élèves en difficulté, obliger les enseignants à consacrer une part de leur service aux élèves en situation d’échec scolaire. Voilà la réforme.
Vous réclamez de même des postes pour les lycées professionnels. Là encore, je vous réponds non. Donnons plutôt aux baccalauréats professionnels la même utilité que les baccalauréats généraux,
généralisons l’alternance, formons différemment. Voilà la réforme
Pour ce qui est de l’école primaire, comment se fait-il qu’en vingt ans, nous ayons perdu dix places dans les classements internationaux de résultats ? Comment se fait-il qu’un élève sur deux, à
l’entrée en sixième, ne sache pas écrire l’adverbe « certainement » ? Comment se fait-il que nous soyons classés parmi les cinq derniers dans certains classements ? Ce n’est pas avec des postes que
l’on remédiera à cette situation, mais par la réforme, toujours la réforme, encore la réforme de notre système éducatif !