Mercredi 12 décembre 2007
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Commission des affaires culturelles, familiales et sociales
– Table ronde, ouverte à la presse, sur la réforme du service public de l’emploi : M. Jean-Paul Anciaux, président de la Commission nationale de labellisation des maisons de l’emploi, Mme Annie
Thomas, présidente de l’Unédic, M. Jean-Luc Bérard, directeur général de l’Unédic, et M. Christian Charpy, directeur général de l’ANPE
Extrait :
Mme Monique Iborra a souligné que personne ne semblait demandeur de cette réforme, si ce n’est peut-être les demandeurs d’emploi, que l’on n’a pas encore entendus. Elle est pourtant engagée dans
la précipitation, comme tout ce que fait un gouvernement surtout soucieux de se montrer actif. On aurait pourtant pu prendre davantage de temps, d’autant que les choses évoluaient déjà, sur la
base du volontariat des agents des Assédic et de l’ANPE. Telle n’a pas été la solution retenue et Mme Christine Lagarde a dit elle-même que le président de la République lui avait donnée quinze
jours pour mener la réforme à bien.
Comme cela a été précédemment souligné, on installe le tuyau avant de savoir ce que l’on va y faire passer. De la sorte, le gouvernement demande aujourd’hui un chèque en blanc au Parlement. Si ce
qui compte vraiment c’est le service qui sera rendu aux chômeurs, cela renvoie non pas à la seule fusion ANPE-Assédic mais à l’ensemble de la politique économique et sociale du gouvernement et à
ses effets sur l’emploi. Aussi utile puisse-t-elle être, on voit mal comment la nouvelle institution pourrait à elle seule ramener le taux de chômage à 5 %.
S’agissant des maisons de l’emploi, il a été fort difficile d’obtenir du gouvernement qu’il précise sa participation au financement. C’est pourquoi un certain nombre d’élus n’ont pas été
franchement étonnés par l’annonce du gel de ce dispositif et par les déclarations de Mme Christine Lagarde selon lesquelles l’on n’aurait plus besoin des maisons de l’emploi lorsque la fusion
serait intervenue. Aujourd’hui, une mission a été créée et elle s’est mise au travail. Mais quand son président, M. Jean-Paul Anciaux, annonce qu’il remettra un rapport d’étape dès le mois de
janvier, on peut se demander s’il ne s’agit pas d’un rideau de fumée destiné à faire oublier ces déclarations : à l’évidence, il n’est pas possible dans un délai aussi court de procéder aux
évaluations nécessaires. Le vrai problème des maisons de l’emploi n’est-il pas que l’État est désormais incapable d’en assurer le financement ?
Enfin, le volet territorial semble singulièrement absent de ce projet. Certes, une instance régionale est prévue, mais il est assez inquiétant que le directeur général de l’ANPE mette au même
niveau, dans son propos, l’APEC, les missions locales et les maisons de l’emploi, alors que ces dernières sont censées être le regroupement de l’ensemble des acteurs, dont justement l’APEC, les
missions locales et les chambres consulaires. Voilà qui montre que ce projet ne s’inscrit pas dans les réalités territoriales. Comme l’a dit la présidente de l’Unédic, la nouvelle structure
devrait tout simplement se situer à l’intérieur des maisons de l’emploi où elle conserverait son autonomie de fonctionnement, comme toutes les structures qui s’y trouvent déjà.
INTEGRALITE DU DEBAT :
www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cafc/07-08/c0708018.asp