Lundi 29 décembre 2008
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Dimanche 28 décembre, Monique Iborra est intervenue sur le Parvis des
Justes, à Toulouse, pour commémorer le soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Elle était invitée par le CRIF de Toulouse et sa présidente, Nicole Yardeni,
laquelle avait tenu lors de la cérémonie à rendre hommage au jeune Gilat Shalit, détenu depuis plus de trente mois par le Hamas.
Voici le texte de son intervention :
Mesdames, Messieurs,
Je suis heureuse et honorée de partager avec vous ce moment de célébration.
Vous avez souhaité rendre hommage symboliquement, en ce mois de décembre qui marque son
soixantième anniversaire, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Ce texte historique et fondateur est né après le second conflit mondial qui a vu à l’œuvre les
plus effroyables forces que l’homme ait jamais retourné contre lui-même, et qui avait conduit à l’extermination de 6 millions de Juifs.
Soixante ans après, cette déclaration conserve toute sa force et elle étonne par sa remarquable
et triste actualité.
Texte remarquable, elle reste un témoin du génie humain et de l’aspiration des hommes et des
femmes à constituer une communauté unie et solidaire, par delà les différences liées à la couleur de la peau, à la religion, au sexe ou à la naissance.
Texte d’une triste actualité également, car il n’est pas encore réalisé le rêve de ceux qui, il
y a soixante ans, souhaitaient jeter les bases d’une société mondiale respectueuse des droits de chaque individu.
En disant cela, je pense bien entendu à toutes celles et tous ceux pour qui la liberté de
penser, de croire ou de parler est encore une chimère.
Je pense à celles et ceux pour qui les conditions de vie matérielle ne permettent ni l’accès à
l’éducation, ni l’accès à la santé, et pour qui le droit à la vie est un combat de tous les jours.
Je pense bien entendu aux droits des travailleurs qui sont trop souvent, dans de trop nombreux
pays, bafoués quand ils ne sont pas tout simplement niés.
Je pense enfin aux femmes pour qui, dans bien des endroits du monde et même à nos portes, les droits de l’Homme restent encore les droits des hommes.
En regardant le siècle qui s’ouvre, je voudrais également dire que pour nous qui sommes les enfants, voire
les petits-enfants, de ceux qui ont écrit cette magnifique déclaration des droits de l’homme, de nouveaux chantiers s’ouvrent à nous pour faire progresser ces droits.
Si les armes et la guerre sont toujours, comme il y a soixante ans, des menaces pour les hommes,
pour leurs vies et leur liberté, le réchauffement de la planète, les nouveaux déséquilibres économiques, l’émergence de nouvelles formes de terrorisme font peser sur nos droits fondamentaux des
risques d’une nouvelle nature qu’il faut dénoncer et combattre.
La liberté est la plus belle conquête de l’homme : mais c’est une conquête qu’il faut
savoir défendre par une mobilisation de chaque instant, car c’est une conquête sans cesse remise en cause.
Pour vous qui êtes rassemblés ici, je sais que ces mots ont un sens. Et c’est pourquoi, malgré
cette période de fêtes propice aux réunions familiales, j’ai tenu à être ici, à vos côtés.
Pour finir, je sais que vous souhaitez profiter de cette commémoration pour évoquer le sort du
jeune soldat franco-israëlien, Gilat Shalit, qui est retenu depuis plus de 30 mois par le Hamas.
Je m’associe à vous dans l’attente qui est la vôtre de voir très bientôt ce jeune homme
retrouver sa famille.
Je terminerai donc mon propos par un message d’espoir en forme de vœu : que l’année nouvelle qui se profile voit enfin, pour le bonheur de sa famille et le soulagement de
ses nombreux soutiens, le retour du soldat Shalit parmi les siens.