Mercredi 22 avril 2009
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Dans le cadre de la campagne des élections européennes, une réunion publique a eu lieu sur ma circonscription à Plaisance du Touch, en présence de Kader Arif, tête de liste du Parti socialiste
pour notre région Grand Sud-Ouest, et Michel Teychenné, colistier. Le Président de région Martin Malvy et de nombreux élu(e)s étaient également présents.
Voici le texte de mon allocution lors de cette soirée :
La violence de la crise économique que nous traversons, nous projette dans un nouvel univers, celui de la crise des valeurs du capitalisme toujours plus libéral, celui que voulait et veut
toujours N.Sarkozy même si il est obligé aujourd’hui de jouer un rôle de composition, celui qui veut que le monde change. C’est en tout cas, ce qu’il veut nous faire croire. Les élites
dirigeantes du monde, aveuglées par l’accroissement de leurs progrès et richesses croyaient jusqu’ici guider les populations de la planète vers des lendemain qui chanteraient toujours plus. Or
les faits viennent de leur donner dramatiquement tort : le monde s’est brutalement appauvri, en à peine un an presque la moitié de son produit intérieur brut est partie en fumée. Mais les riches
restent riches et les pauvres sont encore plus pauvres.
Alors que la Droite voit un accident de parcours, dans la crise économique et financière, nous savons que c’est un échec patent du capitalisme, du libéralisme échevelé et nous avons le devoir,
c’est le sens de notre engagement politique, de ne pas rester passifs, mais de résister, de se battre et de proposer tant sur le plan (local, national qu’européen). Il n’est pas de combat perdu
d’avance, il n’est pas d’élection subalterne, il n’est pas d’action politique sans conviction et détermination. Il faut qu’il y ait une cohérence lisible par nos concitoyens sur ce que nous
voulons, nous les socialistes, que nous soyons élus régionaux, départementaux, municipaux, nationaux ou européens .
Cette cohérence, cette lisibilité nous devons la porter tous ensemble, et se sentir tous concernés au delà de nos différences d’appréciation de nos tropismes respectifs de nos préoccupations
quotidiennes il y a une alternative possible et nous devons la porter.
Nous sommes à quelques semaines d’une élection qui ne passionne pas ou nous l’espérons, pas encore nos concitoyens. On peut les comprendre. L’Europe est pour beaucoup considérée comme un
accélérateur de la mondialisation et ses effets jugés néfastes (pression de la concurrence, peur pour l’emploi par les délocalisations). Pourtant l’Europe devrait être, face justement à la
pression croissante de la mondialisation, un rempart, un modèle de société, une communauté de valeurs qui vont des Droits de l’Homme à la protection de l’environnement, en passant par la
nécessité d’affermir la paix entre les états membres et d’imposer les valeurs démocratique. L’Europe a réussi à atteindre les 2 objectifs, mais l’Europe sociale, l’Europe politique est encore à
construire. Elle ne deviendra qu’alors l’Europe des citoyens.
Nous avons compris avec cette crise que l’Europe devait peser et agir en coopération avec d’autres économies, l’élection de Barack Obama est pour nous, socialistes européens, un événement
favorable, car la solution politique à cette crise ne peut pas se résumer à une réforme de l’architecture financière mondiale, ne peut pas se contenter de réglementer d’une manière d’ailleurs
plus ou moins volontariste les marchés financiers, la solution à cette crise est socialiste. Le monde a besoin des socialistes entre économie de marché et justice sociale. La Droite et les
conservateurs N.Sarkozy et son gouvernement ont répété qu’il fallait déréguler, laisser faire et se débarrasser des fonctionnaires et de la « bureaucratie ». Toujours moins d’Etat, de services
publics, toujours plus de concurrence, de compétition, toujours plus d’économie et toujours moins de politique.
Maintenant que la loi du marché prouve aux citoyens du monde qu’ils avaient tort, ils ne savent plus quoi faire.
Seule une sociale démocratie réaffirmée, décomplexée, volontariste et rénovée pourra représenter une alternative possible en Europe et en France. La politique européenne ne peut plus se contenter
d’être consensuelle, elle a besoin d’affrontements et de clivages. Seule la sociale démocratie a le potentiel politique de renouvellement dont les économies ont besoin. Ce ne sont ni Mr Barroso
Ni Mr Sarkozy qui peuvent l’incarner, alors il faut changer, changer d’Europe, changer de politique en France. En démocratie cela s’appelle aller voter d’abord le 7 juin, d’autres échéances se
succèderont qui seront aussi conditionnées par nos résultats aux élections européennes, car dans ce monde déboussolé les citoyens ont besoin de cohérence, de lisibilité, de choix clairement
assumés et d’espoir pour eux et leurs enfants. Le risque du repli sur soi, sur les égoïsmes nationaux est réel. Pour avoir une république sociale, il faut d’abord, La République disait Jaurès,
pour avoir l’Europe sociale, il faut d’abord une Europe politique, c’est le sens du vote du 7 juin.