Mes interventions en séance

Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 13:27

Situation de l’entreprise de semi-conducteurs Freescale à Toulouse

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra, pour exposer sa question, n° 717, relative à la situation de l’entreprise de semi-conducteurs Freescale à Toulouse.

 

Mme Monique Iborra. Madame la secrétaire d’État chargée du commerce extérieur, je me permets d’appeler votre attention sur la situation du site français de l’entreprise américaine Freescale, anciennement Motorola Semi-Conducteurs, installée à Toulouse, dans ma circonscription. Bien que les salariés aient accepté le gel des salaires pour 2009, effectué trois semaines de chômage partiel en 2008 puis, cinq semaines en 2009, consenti à traverser deux plans sociaux d’entreprise en dix-huit mois, lesquels ont conduit à la suppression de 270 emplois, ils ont, le 22 avril 2009, appris l’annonce officielle de la fermeture du site d’ici à 2011. Déjà, le 24 février 2009, j’avais, par le biais d’une question écrite, alerté Mme la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi sur cette situation. Aucune réponse ne m’est parvenue depuis lors. Le président de la région Midi-Pyrénées avait, dès le mois de septembre 2008, alerté l’État par courrier sur la menace de fermeture de ce site. Or rien n’a été entrepris par le Gouvernement.

En 2001, 2005 et 2006, la région Midi-Pyrénées avait financé à hauteur de deux millions d’euros.les équipements de recherche communs à Freescale et au laboratoire public LAAS. Aujourd’hui, le site de Toulouse va subir le même sort que les usines situées.en Écosse et au Japon : une fermeture brutalement annoncée aux salariés. La situation est explosive : plus de 1 000 emplois seront supprimés, malgré la prise en compte des inquiétudes par le directeur local de Freescale. Une conférence téléphonique a eu lieu la semaine dernière au conseil régional avec le président-directeur général américain de Freescale. Celui-ci invoque des difficultés financières depuis trois ans – consécutives, à notre sens, à la mise en place d’un LBO qui oblige l’entreprise à rembourser 900 milliards de dollars par an jusqu’en 2012 –, mais également des problèmes d’ordre technologique sur le site de Toulouse et, plus récemment, les effets de la crise financière.

Madame la secrétaire d’État, que compte faire le Gouvernement dans l’intérêt des salariés, et du développement économique de notre région ? Nous attendons une réponse précise de votre part.

 

M. le président. La parole est à Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État chargée du commerce extérieur.

 

Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État chargée du commerce extérieur. Madame la députée, ainsi que vous l’avez rappelé, la direction de la société Freescale semi-conducteurs de Toulouse a malheureusement annoncé, le 22 avril dernier, la fermeture de son unité de fabrication de puces électroniques d’ici à 2011. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une restructuration mondiale du groupe, qui prévoit la suppression de trois sites, dont celui de Toulouse.

Depuis 2007, l’activité de Freescale est touchée par le recul du marché automobile. Un plan de sauvegarde de l’emploi portant sur 102 personnes a déjà dû être mis en œuvre à l’été 2007. La situation ne s’est pas redressée en 2008 en raison, principalement, des difficultés de Chrysler, un de ses principaux clients.

De manière générale, le secteur des semi-conducteurs connaît une crise de grande ampleur et accuse une baisse d’activité de 30 % en moyenne. C’est pourquoi mon collègue Luc Chatel est mobilisé sur l’avenir de ce secteur d’importance stratégique. Il a eu l’occasion d’organiser en mars dernier une table ronde avec les organisations syndicales sur le secteur du semi-conducteur, qui a conduit à identifier des pistes d’action en faveur du renforcement de la compétitivité de l’ensemble de la filière.

Pour ce qui concerne le site de Toulouse, qui vous intéresse au premier chef, madame la députée, mon collègue est déterminé à examiner toutes les pistes de reprise partielle ou totale d’activité ou de réindustrialisation qui permettraient de tirer profit des compétences et des équipements présents.

Le commissaire à la réindustrialisation nommé dans votre région Midi-Pyrénées est d’ores et déjà mobilisé sur ce dossier dont il fera l’une de ses toutes premières priorités. Il aura la tâche, d’une part, de faciliter la reprise de l’activité de recherche et développement et, d’autre part, de veiller à la qualité et à l’efficacité du plan de sauvegarde de l’emploi. Il est en effet mandaté pour conduire et animer, en concertation avec les acteurs de terrain les actions de réindustrialisation, de création de nouvelles activités que le dynamisme intrinsèque de votre territoire et la qualité des salariés doivent favoriser.

J’observe que des réflexions sont déjà engagées pour mettre sur pied une plate-forme d’intégration de puissance destinée à développer des modules électroniques de puissance nécessaires à la migration de l’industrie automobile vers des véhicules électriques. Basée sur le site de Freescale, elle devrait accueillir des chercheurs issus des laboratoires publics, des industriels, des grands comptes et des PME participant aux systèmes embarqués ainsi que des universitaires. Dans ces conditions, vous ne pouvez pas dire, madame la députée, que le Gouvernement reste inactif. C’est tout le contraire, puisque ce site a été intégré dans la mutation nécessaire de notre appareil industriel.

 

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra.

 

Mme Monique Iborra. J’ai bien entendu votre réponse, madame la secrétaire d’État. Mais si, comme vous le prétendez, le Gouvernement intervient en faveur de cette entreprise, comment se fait-il que les élus n’aient jamais pu rencontrer le commissaire à la réindustrialisation qui doit suivre ce dossier ? Comment expliquez-vous que les organisations syndicales n’aient toujours pas obtenu de rendez-vous avec le préfet ? Enfin, pensez-vous qu’une activité de recherche qui n’est pas liée à une activité de production puisse être pérennisée ? Je maintiens donc que le Gouvernement – pour des raisons qui nous échappent – s’inquiète fort peu du sort de cette entreprise. Mais croyez bien que nous, les élus nationaux et locaux, resterons très vigilants.


Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /Avr /2009 13:28

Plan jeunes

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

 

Mme Monique Iborra. Monsieur le Premier ministre, les jeunes sont les premières victimes de la crise dans notre pays et si leur taux de chômage a augmenté de 24 % en un an, il atteignait déjà 18 % avant la crise, contre 8 % pour le reste de la population. Or, rien dans le plan de relance gouvernemental ne les concerne.

Avant même que la commission Hirsch ait pu rendre ses conclusions, le Président de la République, comme à son habitude, a annoncé des mesures qui veulent apparaître nouvelles, et comprennent l’apprentissage, compétence décentralisée aux régions depuis 2004, et les contrats de professionnalisation, qui ont chuté de 20 à 30 % ces derniers mois. Faut-il rappeler que, s’agissant de ces mêmes contrats de professionnalisation, la loi de finances de 2008 a supprimé l’exonération attachée aux cotisations du contrat, rendant ce dernier beaucoup moins intéressant pour les entreprises ?

Une pirouette suffit pour faire oublier les mesures prises et donner une prime exceptionnelle aux entreprises qui concluraient un contrat de professionnalisation, alors que ceux-ci ne débouchent pas forcément sur un emploi pérenne. Mais aucune contrepartie en termes d’emplois n’est demandée aux entreprises. Les effets d’aubaine seront nombreux, comme cela a été le cas pour les heures supplémentaires. Et, contrairement à ce qui a été dit, les organisations syndicales de salariés s’interrogent grandement sur le financement de cette mesure.

De même, les emplois aidés, longtemps honnis par votre gouvernement, reviennent en force. Nous sommes cependant obligés de dénoncer votre obstination à ne pas reconnaître le bien-fondé des emplois jeunes, mis en place par la gauche et dont une large majorité ont été pérennisés. Ces emplois ont permis l’émergence de nouveaux métiers, dans l’environnement notamment, mais pas seulement. Ils se sont tous accompagnés d’une professionnalisation et de formations solides. Mais votre dogmatisme et votre parti pris vous empêchent de reconnaître l’utilité d’emplois publics si nécessaires particulièrement en période de crise. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

 

Retrouvez l'intégralité du débat en cliquant ici


Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 12:24
Intervention du mardi 24 mars 2009

Au nom du Groupe SRC


Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre (L.WAUQUIER),
Mes chers collègues,


On ne peut ignorer le contexte économique et social dans lequel nous débattons aujourd’hui du devenir des maisons de l’Emploi et de la pérénité du financement de l’Etat. Ce contexte, Monsieur le Ministre, n’est sans doute pas étranger aux prises de positions que vous développez aujourd’hui. Vous redécouvrez enfin les maisons de l’emploi, comme vous redécouvrez les emplois aidés après les avoir condamnés, comme vous redécouvrez les missions locales après les avoir contournées: nous ne sommes plus dans la rupture mais dans la continuité...
Le nombre de chomeurs explose, les entreprises licencient tout azimut même quand elles font des bénéfices, vos mesures pour l’Emploi, Monsieur le Ministre manquent de lisibilité et nous avons du mal à en voir la déclinaison concrète sur les territoires et dans les entreprises.
Heureusement les collectivités locales, les Régions notamment sont là pour y pallier, Pôle Emploi, qui lorsque vous l’avez présenté, “devait ramener le taux de chômage à 5%” a du mal à se mettre en place, submergé qu’il est par l’afflux des demandeurs d’emploi devant faire face en même temps à des réformes de structure que la loi a imposé.
Et bien dans ce contexte, nous débattons aujourd’hui de l’opportunité ou pas de la pérénité et donc du financement par l’Etat des maisons de l’emploi.
Maisons de l’emploi, qui doit on le rappeler ont été mises en place par la loi de cohésion sociale du précédent gouvernement. Il est vrai qu’il s’agissait alors de faire confiance aux élus locaux, de les copier souvent, de territorialiser les politiques de l’emploi, de tenir compte des spécificités locales, d’agir en complémentarité avec l’ANPE en lien avec les entreprises, autant de démarches desquelles la politique que vous mettez en place s’éloigne radicalement: vous recentralisez, vous ignorez, vous chargez les collectivités locales de tous les maux, alors que vous seriez bien inspiré des les imiter dans un grand nombre de cas.
Alors que nous voyons des licenciements massifs se multiplier, je suis sure que vous ne souhaitez pas qu’à leur tour les collectivités locales soient obligées de licencier parce que l’Etat ne soutiendrait pas ou pas suffisamment les structures qu’il a largement poussé à mettre en place.
Cependant j’ai cru déceler dans vos déclarations une recentralisation de la politique des maisons de l’emploi. Les maisons de l’emploi ne sont pas et ne doivent pas être l’instrument de l’Etat, mais bien de répondre aux besoins locaux au service de l’emploi, de l’économie et du développement local. Une recentralisation excessive des politiques menées seraient contre-productive. Nous prenons acte de vos déclarations mais nous resterons extremement vigilants.

Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 13:32
REFORME DE L'HOPITAL

Mme Monique Iborra. Madame la ministre, au fur et à mesure que nous avançons dans l’examen de ce projet de loi, nos inquiétudes, comme nos convictions, s’affirment malheureusement, à la lumière de nos débats. C’est pourquoi nous avons déposé un certain nombre d’amendements – que, sans doute, vous n’accepterez pas.

Vous menez une bataille en règle contre l’hôpital. Comme cela a été dit sous une autre forme, vous dénaturez complètement l’activité des hôpitaux publics, qui sont au cœur de notre système de soins, en mettant la gouvernance comptable administrative au cœur des établissements publics.

Ainsi, madame la ministre, il se peut que j’aie mal compris, mais vous paraît-il normal que le projet médical doive être en conformité avec le contrat d’objectifs et de moyens ? Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? La question vous a déjà été posée par M. Préel, mais nous n’avons pas eu de réponse. C’est bien la gouvernance administrative comptable qui est au cœur de votre projet.

J’en viens aux services et aux chefs de pôles qui, de notre point de vue, devraient assurer la nécessaire transversalité au plus près des services de soins. Madame la ministre, que garantissez-vous à ces médecins chefs de pôles, si ce n’est d’être une courroie de transmission entre l’administration et les services de soins ? Pensez-vous vraiment que de jeunes médecins puissent être intéressés par les carrières hospitalières, si elles n’ont pour seul objectif que d’être une courroie de transmission sans pouvoir entre l’administration et les services de soins ?

Les bancs clairsemés de la majorité…

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. C’est sans doute que vos propos n’intéressent pas les députés de la majorité !

 

M. le président. Il va falloir conclure, madame Iborra !

 

Mme Monique Iborra. Les bancs clairsemés de la majorité témoignent-ils du désintérêt qu’elle porte au texte ? À moins – j’ose l’espérer – qu’elle ne soit un peu gênée d’être avec vous, madame la ministre, les fossoyeurs de l’hôpital public ! (« Très bien ! » sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

 

 



Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 13:58

Mme la présidente. La parole est à Mme Monique Iborra.

 

Mme Monique Iborra. J’ai déjà fait part de nos inquiétudes lors de la discussion générale. Je répéterai simplement que la verticalité que vous instaurez – je regrette de devoir vous le dire, madame la ministre – est vraiment archaïque et entraînera des dysfonctionnements bien plus graves que ceux que l’on connaît aujourd’hui. Ce n’est pas d’une organisation verticale que nous avons besoin, mais bien d’un système horizontal et – j’ose le mot – participatif, qui n’existe absolument pas dans l’hôpital actuel.

 

M. Jacques Domergue. On passe son temps en réunions, à l’hôpital !

 

Mme Monique Iborra. Quant à la place des élus, je vous rejoins, mon cher collègue Reitzer. Vous posez la question, mais nous avons pratiquement la réponse.

 

M. Robert Lecou. Attendons !

 

Mme Monique Iborra. On comprend que vous interrogiez Mme la ministre ; mais qu’en est-il des élus des hôpitaux que vous citez et des CHU, si investis soient-ils ? Puisque Mme la ministre ignore sans doute ces réalités, permettez-moi de citer une anecdote personnelle que je tire de la région Midi-Pyrénées. Le directeur du CHU est venu nous demander de participer à de grands projets d’investissement au niveau de son hôpital.

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Cela se fait depuis très longtemps !

 

Mme Monique Iborra. Certes, mais cela montre combien les élus comptent, même pour un directeur général.

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Évidemment !

 

Mme Monique Iborra. Mais ils ne comptent manifestement plus pour vous, et ils ne compteront plus dans la logique que vous voulez instaurer à l’hôpital.

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Pourquoi donc ?

 

Mme Monique Iborra. Vous ne pourrez pas nous rassurer sur ce point. Il est évident que c’est à cela que vous voulez aboutir. Or cela entraînera des dysfonctionnements et aggravera la situation. La gouvernance qu’instaure votre projet ne vous permettra pas de régler les problèmes de l’hôpital.


Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 13:50

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra.

 

Mme Monique Iborra. M. Soisson soutenait cet après-midi que ce texte avait une grande cohérence et vous invitait, madame la ministre, à ne pas chercher à le modifier. Il a une grande cohérence, en effet, par le contrôle et les contraintes qu’il impose à l’hôpital public. On la retrouve dans la composition du conseil de surveillance, qui remplace le conseil d’administration, puisqu’il ne comprend plus ni le projet de prise en charge des patients, ni le projet social, et qu’il ne délibère plus sur l’organisation interne, la politique sociale, la politique immobilière, etc. Il s’agit donc bien de revenir à l’essentiel, à savoir le contrôle et la contrainte.

L’alinéa 14 prévoit que le conseil de surveillance comprendra « au plus quatre personnalités qualifiées nommées par le directeur général de l’agence régionale de santé, dont au plus deux représentants des usagers ». Madame la ministre, pouvez-vous nous indiquer qui seront ces quatre personnalités qualifiées ? Qui plus est, elles seront nommées par le directeur général de l’Agence régionale de santé – on comprend bien pourquoi : le but est bien de conforter l’autorité et le contrôle qu’exercera ce directeur sur l’établissement de santé.

Si l’on considère que le projet de loi ne prévoit aucune obligation de formation pour les directeurs de CHU au sein de l’École nationale de santé publique – pourquoi ne sortiraient-il pas de HEC, par exemple ? – on mesure la dénaturation du conseil de surveillance par rapport au conseil d’administration.

Enfin, il aurait été curieux que vous demandiez, d’un côté, la présence d’un directeur de caisse d’assurance maladie, même s’il n’a que voix consultative, chargé de rédiger un rapport annuel sur l’activité et l’efficience de l’établissement ainsi que les prescriptions délivrées en son sein et que vous supprimiez, de l’autre, comme cela était prévu initialement, la participation d’un représentant des services de soins et donc de la qualité des soins qui sied à tout établissement public, établissement hospitalier qui plus est.

 

 

 


Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 14:01

Mme Monique Iborra.
Monsieur le président, madame la ministre, madame la secrétaire d’État, mes chers collègues, les Français sont attachés à leur hôpital public et, contrairement à une idée reçue et véhiculée par ceux qui veulent faire apparaître le secteur privé comme un modèle de performance, la part des dépenses maladie consacrées à l’hôpital public a baissé depuis vingt ans, passant de 42 à 34 %. C’est la Fédération hospitalière de France qui l’affirme.

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Elle est d’ailleurs d’accord avec le projet !

 

Mme Monique Iborra. La Cour des comptes, elle, constate en 2007 que les dépenses des établissements publics sont inférieures de 187 millions d’euros à l’objectif fixé, alors que celles des cliniques privées le dépassent de 168 millions d’euros. Quant aux dépenses de ville, la dérive dépasse 3 milliards d’euros, en l’absence de tout mécanisme de régulation. Et vous, vous instituez les franchises médicales, qui taxent les malades.

Réformer l’hôpital à l’occasion d’une loi qui met au premier plan la gestion financière n’est pas à la hauteur des enjeux. C’est pourtant ce que vous allez tenter de faire, même si vous déclarez le contraire.

Du point de vue organisationnel, il est vrai que l’hôpital peut être considéré comme une juxtaposition d’intérêts catégoriels, à qui il manque un intérêt commun, une vision prospective commune à tous – en particulier aux personnels soignants, que votre projet de loi ignore superbement.

L’hôpital, en effet, est déjà organisé d’une manière trop verticale, trop technocratique, trop administrative au regard des services de soins, qui sont les unités de base, au plus près des malades.

Madame la ministre, vous allez aggraver considérablement cet état de fait, pourvoyeur de dysfonctionnements, en donnant tout pouvoir à un directeur tout-puissant, mais sur un siège éjectable, niant par là même que l’hôpital n’est pas n’importe quelle entreprise, que la communauté médicale n’est pas constituée de simples techniciens venant éclairer les décisions d’un PDG qui, désormais, peut ne pas être issu de l’École nationale de la santé publique, en rentrant dans le carcan d’abord financier du contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens.

Conformément à la pensée sarkozyste, vous voulez mettre au pas les médecins, comme les chercheurs à l’université, les enseignants de l’éducation nationale, les juges, les élus, que vous méprisez.

Ce n’est pas, comme vous le proposez, d’un patron tout-puissant ou d’une organisation pyramidale que l’hôpital a besoin, c’est de plus de souplesse, de transversalité, au plus près des réalités des malades et donc des services de soins.

L’hôpital a également besoin de moyens, vous consentez à l’affirmer sous la pression, contredisant d’ailleurs les affirmations du Président de la République. Qui croire ? Vous le savez, les situations déficitaires se multiplient, qui n’arrivent pas toutes, heureusement, à l’état de redressement, mais elles existent. La Fédération hospitalière de France,…

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Qui soutient toujours mon projet !

 

Mme Monique Iborra. …qui, par ailleurs soutient votre projet, alerte sur cette situation et déclare que ce sont près de 20 000 emplois qui sont menacés sur l’ensemble du territoire.

La convergence des tarifs du secteur public et de ceux du secteur privé en 2012 ne fera qu’accentuer cet état de fait et conduira au démantèlement du secteur public de santé. L’objectif est, en effet, de mettre le secteur public en concurrence directe avec le secteur commercial, qui, par ailleurs, attire de nombreux investisseurs étrangers, beaucoup plus en France que dans d’autres pays européens, comme le groupe Générale de santé, qui, en 2006, a réservé 420 millions d’euros à ses actionnaires.

Faire converger les tarifs du public et ceux du privé suppose que leurs missions et leurs contraintes de fonctionnement soient les mêmes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui et ne le sera probablement pas demain, les hôpitaux traitant les cas les plus lourds et donc les moins rentables.

 

M. le président. Veuillez conclure.

 

Mme Monique Iborra. Décidément, madame la ministre, votre réforme n’est pas la nôtre. Elle n’est pas moderne, elle est archaïque, parce que centralisatrice et autoritaire.

Je terminerai en évoquant les agences régionales de santé.

 

M. le président. Il vous reste cinq secondes.

 

Mme Monique Iborra. Elles ont été préconisées par la gauche, mais votre projet ne semble pas permettre les avancées démocratiques et sociales auxquelles nous aspirions quand nous les défendions.

En effet, comme c’est l’habitude avec ce gouvernement, les élus se retrouvent sur des strapontins. Centralisation, étatisation, autoritarisme ambiant, voilà votre philosophie.

 

M. le président. Veuillez terminer.

 

Mme Monique Iborra. Ce que vous avez appelé régionalisation n’est en fait qu’une organisation rigide, sous l’autorité d’un directeur tout-puissant. Le syndrome du chef, si cher au Président de la République, réapparaît ici.

 

M. le président. Votre temps de parole est épuisé, madame Iborra.

 

Mme Monique Iborra. Votre réforme ne se fera cependant pas sans les élus, car il s’agira de bien définir des territoires où les élus, usagers, citoyens, se reconnaissent au moins autant que l’administration qui décidera de tout mais ne fera rien d’efficace sans eux. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)


Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 14:12

Situation de l'hôpital public

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

 

Mme Monique Iborra. Dans un récent discours, estimant que le problème de l’hôpital était un problème d’organisation et non de moyens, le Président de la République déclarait : « Comme toujours en France, on ne regarde pas l’intérieur du moteur. »

Eh bien, regardons les faits.

Les directeurs d’hôpitaux annoncent désormais clairement des suppressions de postes, des centaines de départs à la retraite n’étant pas remplacés, afin de juguler les déficits que votre politique a largement contribué à aggraver.

Vingt-neuf CHU sur trente et un accusent un déficit. La tarification à l’activité ou son application n’y est évidemment pas étrangère. Si les dépenses de santé tous secteurs confondus – l’hôpital n’est pas le seul concerné – ont augmenté d’une manière importante en dix ans, les budgets hospitaliers connaissent d’importantes difficultés depuis deux ans.

On s’attaque désormais à l’emploi pour réaliser les gains de productivité que vous imposez aux établissements en vertu d’une gestion purement comptable. En cohérence avec les méthodes déjà utilisées avec le succès que l’on connaît à l’éducation nationale, vous asphyxiez l’hôpital public et justifiez ainsi la nécessité et le bien-fondé de vos réformes. Or rationaliser n’est pas rationner.

Ma question est donc la suivante : quand le Gouvernement va-t-il cesser d’allumer des incendies partout sous prétexte de réformes dont l’efficacité reste à démontrer ? Quand va-t-il cesser cette politique à l’encontre de l’éducation nationale, de l’hôpital et, demain, de La Poste, politique qui s’apparente surtout à une entreprise de démolition des services publics, dont le coût humain – il s’agit là de santé – sera bien plus élevé que les économies escomptées ? (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe SRC et plusieurs bancs du groupe GDR.)


Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 20:43
Voici le texte de mon intervention lors de la discussion sur les articles du projet de loi "Revenu de Solidarité Active" (séance du 30 septembre 2008 à l'Assemblée nationale) :

" Le RSA devait s’inscrire – si l’on en croyait le Président de la République et Mme la ministre de l’économie –dans un contexte proche du plein emploi, où la maxime « travailler plus pour gagner plus » allait s’imposer à tous, et où l’on pourrait aller chercher la croissance avec les dents si jamais cela s’avérait nécessaire. Le contexte est aujourd’hui radicalement différent, du fait, concédons-le, de la crise financière mondiale, mais aussi du fait d’une politique économique et sociale d’inspiration libérale, qui déréglemente le droit du travail, qui encourage la flexibilité jusqu’à favoriser la précarité, qui pénalise les demandeurs d’emploi en instituant la notion d’« offre valable d’emploi », leur reconnaissant plus de devoirs que de droits, tout en restant particulièrement timide sur les obligations des employeurs. On comprend, dans ce contexte, que le Président de la République et son Gouvernement annoncent le RSA comme la mesure du siècle.

Cela revient – au mieux – à se donner bonne conscience, alors que dans le même temps vous détricotez tous les jours les protections sociales. Le RSA est bien en deçà des premières ambitions du président d’Emmaüs ; le principe en est acceptable, voire louable, mais la réalisation est aujourd’hui des plus hasardeuses. Vous vous en tenez au traitement du symptôme quand la politique du Gouvernement aggrave la maladie !

Je ne reviendrai pas sur le financement, déjà largement abordé ; il reste l’une de nos premières exigences, l’équité est ici une nécessité. Depuis deux jours, le Gouvernement semble retrouver quelque vertu aux emplois aidés, après les avoir brutalement supprimés – comme l’avait déjà fait M. Borloo, dans la loi de cohésion sociale, avant de les rétablir lui aussi dans un second temps. En fait de rupture, nous sommes toujours dans la continuité : la continuité dans l’erreur ! L’expérience des uns n’apprend rien aux autres.

Comment nous faire croire que l’emploi reste aujourd’hui une préoccupation majeure quand le projet de loi de finances pour 2009 prévoit une diminution des dépenses pour ce poste, ainsi d’ailleurs que pour celui du logement, et quand à ce jour le nombre de contrats aidés prévus en 2009 est inférieur à celui de 2008 ? Comment pouvons-nous imaginer que les personnes les plus éloignées de l’emploi seront prioritaires, avec ou sans RSA, quand les seules mesures annoncées par M. le secrétaire d’État à l’emploi portent sur les aides à la mobilité – qui existent déjà par ailleurs – et sur une augmentation éventuelle des contrats aidés, par ailleurs si souvent dénoncés et décriés par votre majorité ?

Car, contrairement à ce que vous voulez nous faire croire, la réussite du RSA ne dépend pas uniquement de la volonté du demandeur d’emploi ou du travailleur pauvre, mais bien des entreprises qui décideront de recruter une personne bénéficiaire du RSA alors que jusqu’à aujourd’hui elles avaient de grandes hésitations à recruter un RMIste.

De ce point de vue, votre projet de loi est largement insuffisant mais il est en cohérence avec la politique menée sur les plans économique et social. On peut dès lors légitimement se demander pourquoi les employeurs choisiront plutôt le RSA que le RMA. Pour l’effet d’aubaine, pour employer une main-d’œuvre peu onéreuse. Nous proposerons des amendements pour éviter ces écueils. Nous verrons bien si vous les acceptez.

Enfin, le risque est grand de voir les départements comptables de l’insertion professionnelle des personnes les plus en difficulté alors que le nouveau service de l’emploi n’aurait la charge que des plus employables. Cette évolution créerait une inégalité de traitement entre les citoyens, serait source de confusion et probablement, à terme, de transferts de charges.

En résumé, dans le contexte actuel, si l’ambition de ce projet de loi semble louable, bien que revue à la baisse par rapport au premier rapport, son application effective ne pourra être que détournée parce que s’inscrivant dans une politique économique résolument libérale qui ne veut pas dire son nom et qui produit de fait de l’exclusion."

Retrouvez l'intégralité du débat en cliquant ici

Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 14:15
Mme Monique Iborra. Le RSA devait s’inscrire – si l’on en croyait le Président de la République et Mme la ministre de l’économie –dans un contexte proche du plein emploi, où la maxime « travailler plus pour gagner plus » allait s’imposer à tous, et où l’on pourrait aller chercher la croissance avec les dents si jamais cela s’avérait nécessaire. Le contexte est aujourd’hui radicalement différent, du fait, concédons-le, de la crise financière mondiale, mais aussi du fait d’une politique économique et sociale d’inspiration libérale, qui déréglemente le droit du travail, qui encourage la flexibilité jusqu’à favoriser la précarité, qui pénalise les demandeurs d’emploi en instituant la notion d’« offre valable d’emploi », leur reconnaissant plus de devoirs que de droits, tout en restant particulièrement timide sur les obligations des employeurs. On comprend, dans ce contexte, que le Président de la République et son Gouvernement annoncent le RSA comme la mesure du siècle.

Cela revient – au mieux – à se donner bonne conscience, alors que dans le même temps vous détricotez tous les jours les protections sociales. Le RSA est bien en deçà des premières ambitions du président d’Emmaüs ; le principe en est acceptable, voire louable, mais la réalisation est aujourd’hui des plus hasardeuses. Vous vous en tenez au traitement du symptôme quand la politique du Gouvernement aggrave la maladie !

Je ne reviendrai pas sur le financement, déjà largement abordé ; il reste l’une de nos premières exigences, l’équité est ici une nécessité.

Mais le RSA sans l’emploi n’est rien qu’une bonne intention.

 

M. René Couanau. Et le RMI, qu’est-ce d’autre qu’une bonne intention ?

 

Mme Monique Iborra. Depuis deux jours, le Gouvernement semble retrouver quelque vertu aux emplois aidés, après les avoir brutalement supprimés – comme l’avait déjà fait M. Borloo, dans la loi de cohésion sociale, avant de les rétablir lui aussi dans un second temps.

 

M. Marc-Philippe Daubresse, rapporteur de la compission des affaires culturelles. Ce n’était pas dans un second temps !

 

Mme Monique Iborra. En fait de rupture, nous sommes toujours dans la continuité : la continuité dans l’erreur ! L’expérience des uns n’apprend rien aux autres.

Comment nous faire croire que l’emploi reste aujourd’hui une préoccupation majeure quand le projet de loi de finances pour 2009 prévoit une diminution des dépenses pour ce poste, ainsi d’ailleurs que pour celui du logement, et quand à ce jour le nombre de contrats aidés prévus en 2009 est inférieur à celui de 2008 ? Comment pouvons-nous imaginer que les personnes les plus éloignées de l’emploi seront prioritaires, avec ou sans RSA, quand les seules mesures annoncées par M. le secrétaire d’État à l’emploi portent sur les aides à la mobilité – qui existent déjà par ailleurs – et sur une augmentation éventuelle des contrats aidés, par ailleurs si souvent dénoncés et décriés par votre majorité ?

Car, contrairement à ce que vous voulez nous faire croire, la réussite du RSA ne dépend pas uniquement de la volonté du demandeur d’emploi ou du travailleur pauvre, mais bien des entreprises qui décideront de recruter une personne bénéficiaire du RSA alors que jusqu’à aujourd’hui elles avaient de grandes hésitations à recruter un RMIste.

De ce point de vue, votre projet de loi est largement insuffisant mais il est en cohérence avec la politique menée sur les plans économique et social. On peut dès lors légitimement se demander pourquoi les employeurs choisiront plutôt le RSA que le RMA. Pour l’effet d’aubaine, pour employer une main-d’œuvre peu onéreuse. Nous proposerons des amendements pour éviter ces écueils. Nous verrons bien si vous les acceptez.

Enfin, le risque est grand de voir les départements comptables de l’insertion professionnelle des personnes les plus en difficulté alors que le nouveau service de l’emploi n’aurait la charge que des plus employables. Cette évolution créerait une inégalité de traitement entre les citoyens, serait source de confusion et probablement, à terme, de transferts de charges.

 

M. le président. Il faudrait conclure, madame Iborra.

 

Mme Monique Iborra. En résumé, dans le contexte actuel, si l’ambition de ce projet de loi semble louable, bien que revue à la baisse par rapport au premier rapport, son application effective ne pourra être que détournée parce que s’inscrivant dans une politique économique résolument libérale qui ne veut pas dire son nom et qui produit de fait de l’exclusion. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)


Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 14:18
Mme Monique Iborra. Ma question s'adresse à M. Xavier Bertrand, ministre des affaires sociales.

Nous avons eu, depuis l'élection du Président de la République, maintes fois l'occasion de noter la dégradation des relations du Gouvernement, qui frisent souvent le mépris, avec les collectivités locales.

 

Plusieurs députés du groupe de l’Union pour un mouvement populaire. C’est faux !

 

Mme Monique Iborra. La devise pourrait être : « Le Gouvernement décide, les collectivités payent. » (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche. – Protestations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)


M. Michel Herbillon. Caricature !

 

Mme Monique Iborra. Je voudrais évoquer l’exemple précis, qui va bien au-delà des collectivités,…

 

M. Yves Nicolin. Baratin !

 

Mme Monique Iborra. …des étudiants en travail social : assistantes sociales, éducateurs spécialisés, éducateurs de jeunes enfants, qui sont plus de 15 000 en France. Ils ne pourront pas valider leur diplôme en 2008 si vous ne tirez pas rapidement les conséquences d’une circulaire que vous avez prise sans aucune concertation, ni avec les établissements de formation, ni avec les employeurs, ni avec les régions, ni avec les départements, pourtant concernés, ni avec les étudiants eux-mêmes.

Vous avez pris cette circulaire en application de la loi sur l'égalité des chances. En effet, les étudiants en travail social – bac + 3 – ont été assimilés à ceux de l’enseignement supérieur et les associations loi de 1901 qui les accueillent à des entreprises. Or, ces établissements sont financés soit par l'État, soit par les collectivités locales, en particulier les conseils généraux.

Les budgets de ces établissements étaient, dans la majorité des cas, votés au moment où ils ont été informés de la parution de cette circulaire. Aujourd'hui, ces établissements associatifs ne disposent d’aucun crédit pour prendre en charge ces gratifications. Les étudiants, soit 15 000 personnes, se voient refuser l’accès aux stages !


Mardi 6 mai 2008 2 06 /05 /Mai /2008 14:21

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra, pour exposer sa question, n° 235, relative aux perspectives de la politique d’intégration et de lutte contre les discriminations.

 

Mme Monique Iborra. Ma question porte sur les décisions du comité de modernisation des politiques publiques du 4 avril dernier concernant la politique d’intégration et de lutte contre les discriminations. Mes interrogations portent plus particulièrement sur les missions actuellement exercées par l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances – l’ACSÉ –, opérateur dont la tutelle est partagée entre le ministère de l’immigration et celui du logement de la ville : ses salariés et l’ensemble des acteurs attachés à la lutte contre les discriminations se préoccupent de son avenir.

Jusqu’à présent, la politique d’intégration, dans une logique d’accès au droit pour tous les étrangers et immigrés, s’appuyait beaucoup sur cette agence et sur sa capacité de financement, notamment en direction des associations. Mais nous craignons que les décisions envisagées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques ne signifient l’abandon de cette politique. Si tel est le cas, par quoi sera-t-elle remplacée ?

Par ailleurs, rien n’est dit de la politique de lutte contre les discriminations, qui reposait essentiellement sur l’ACSÉ dont la mission a consisté à sensibiliser et former les acteurs publics ou privés, à accompagner le changement des pratiques d’accueil, de recrutement dans les entreprises, de promotion, de formation, dans les domaines de l’emploi et du logement principalement, ainsi que dans ceux de l’éducation et de la culture.

Je souhaiterais donc savoir si l’État souhaite se désengager de cette politique, pourtant vivement encouragée par l’Union européenne, se contentant d’une réponse strictement judiciaire, très partielle à ce jour, ou encore d’une intervention ciblée sur les quartiers de la politique de la ville.

 

M. le président. La parole est à M. Alain Marleix, secrétaire d’État à l’intérieur et aux collectivités territoriales.

 

M. Alain Marleix, secrétaire d’État à l’intérieur et aux collectivités territoriales. Madame la députée, je vous prie tout d’abord d’excuser Brice Hortefeux, en déplacement à Malte.

Vous l’interrogez sur les suites à donner au comité de modernisation des politiques publiques du 4 avril dernier, et notamment sur la création d’un opérateur unique en charge des questions d’immigration et d’intégration. La réforme vise à modifier les missions de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, qui a principalement deux grandes missions : la politique de la ville et l’intégration des immigrés. Il s’agit simplement de donner davantage de lisibilité à des politiques publiques qu’il n’est absolument pas question de remettre en cause, sous quelque forme que ce soit.

Quatre priorités fondent ainsi la politique d’intégration : l’apprentissage du français et des principes de la République ; l’accès au logement ; l’éducation des enfants ; l’accès à un travail. Tout se tient, comme chacun le sait : pas d’emploi sans maîtriser le français, sans connaître et respecter les règles de la vie en France, sans disposer d’un niveau minimal d’éducation ou de formation et sans vivre dans un environnement un tant soit peu adapté.

L’apprentissage de la langue et des valeurs de la République est désormais entamé à l’étranger. À l’arrivée en France, le contrat d’accueil et d’intégration obligatoire –100 000 ont été signés en 2007, dont 25 000 prévoient une formation au français et le passage d’un premier diplôme – ainsi que le contrat spécifique aux familles et le bilan des compétences professionnelles, créés par les lois du 24 juillet 2006 et du 20 novembre 2007, forment le socle du parcours d’intégration.

En liaison avec le ministère de la ville et du logement, le ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire a, par ailleurs, relancé le plan de traitement des foyers de travailleurs migrants et met au point un dispositif nouveau de prévention des concentrations de populations en difficulté dans les mêmes quartiers. Il travaille également avec le ministère de l’éducation nationale sur l’accueil des enfants et des parents étrangers. En outre, il a entamé des travaux pour faciliter le placement dans l’emploi des immigrés et développer la formation continue au français pour les salariés en activité d’origine étrangère.

Tout cela illustre les efforts entrepris par le Gouvernement pour redéfinir et animer une politique active de l’intégration, au service des immigrés en situation régulière et de la cohésion nationale.

Ces réformes seront bien évidemment conduites en concertation avec l’ensemble des partenaires concernés. Les services de M. le ministre de l’immigration sont à votre entière disposition pour dialoguer avec vous sur ce sujet essentiel.

 

M. le président. La parole est à Mme Monique Iborra.

 

Mme Monique Iborra. Monsieur le secrétaire d’État, vous confirmez donc que le Gouvernement a modifié la politique d’immigration et qu’il a adapté les missions de l’ACSÉ à ces nouvelles orientations, ce qui peut se comprendre. Reste que les personnels sont très inquiets. Comme dans bien d’autres domaines, ils ont été mis devant le fait accompli car ces changements ont été opérés sans aucune concertation. Nous espérons qu’ils auront des éclaircissements dans les plus brefs délais, notamment sur le but recherché.


Vendredi 1 février 2008 5 01 /02 /Fév /2008 11:26
Voici mon intervention du 31 janvier lors du vote dans l'hémicycle du projet de loi de réforme du service public de l'emploi. J'ai exposé ici les raisons pour lesquelles nous  votions contre :


Madame la ministre, nous voici donc à la dernière étape de l’examen de votre projet de loi relatif à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi.

La commission mixte paritaire n’ayant rien changé sur le fond, vous ne serez pas étonnée que nous restions sur nos positions. Non qu’elles soient dictées par un rejet de principe : nous sommes très favorables à la simplification par rapport à ce qui existe aujourd’hui et donc au guichet unique. Reste que votre projet nous paraît mauvais et dangereux à plusieurs égards. Il est mauvais car, nous l’avons déjà dit, bâclé et éloigné des réalités du terrain, il sera privé de toute efficacité réelle sur le fond.

Votre projet est mauvais parce que nous sommes persuadés que vous ratez une extraordinaire occasion de mettre en place un véritable service public de l’emploi ambitieux et réaliste, équilibré entre droits et devoirs des demandeurs d’emploi, et rassemblant largement sur des objectifs d’intérêt général. C’est d’abord une machine à radier que vous mettez en place, dont le premier objectif reste la baisse statistique du taux de chômage et qui aggravera la précarité.

Votre projet est mauvais parce que vous vous obstinez à écarter les régions qui sont en charge du développement économique et de la formation professionnelle, au point de ne pas même envisager une convention entre l’État et les conseils régionaux, ce qui prouve bien que la formation et la qualification des demandeurs d’emploi passent au second plan dans votre projet. Peut-être ignorez-vous que depuis 2005 les régions sont devenues les premiers financeurs des demandeurs d’emploi devant l’État – 29 % – et les ASSEDIC – 9 %. Et ce n’est pas l’amendement que vous avez consenti à accepter du bout des lèvres, devant l’insistance d’une partie de vos troupes qui, elles, connaissent la réalité du terrain, qui suffira à nous convaincre de votre bonne foi. Les régions ne demandent pas l’aumône, elles ont des compétences reconnues par la loi.
Ce n’est pas un hasard si une étude récente au cours de laquelle 4 000 personnes ont été interrogées, étude qui n’a d’ailleurs pas été commanditée par les régions montre que les Français font aujourd’hui plus confiance aux régions qu’à l’État en matière de formation professionnelle. Votre position, madame la ministre, est partiale et dictée uniquement par le fait que les régions sont aujourd’hui dirigées par la gauche, à l’exception de deux d’entre elles.

Votre projet est dangereux parce que, nous l’avons vu durant le débat, vous avez repoussé tous les amendements que nous avions déposés et qui étaient cohérents avec les accords signés dans le cadre du marché du travail et qui, tout en ne niant pas la flexibilité nécessaire, visaient à renforcer la sécurité des demandeurs d’emploi. Voilà qui laisse présager encore une fois que, malgré les déclarations, la réalité sera tout autre !

Vous avez supprimé volontairement l’instance de recours que pouvait avoir un demandeur d’emploi victime d’une radiation ou d’une suspension abusive – cela existe. C’est un déni de démocratie, mais il est vrai que vous n’en êtes pas à cela près.

Votre projet enfin est dangereux parce qu’il reste flou et inachevé : vous ne cherchez en réalité qu’à obtenir un chèque en blanc du Parlement.

Ainsi que nous l’avons constaté hier en commission mixte paritaire, nombre de députés de votre majorité partagent une partie de nos inquiétudes, en particulier en ce qui concerne la déclinaison régionale et locale des dispositions de votre projet. Mais vous persistez et vous signez, loin des réalités, parce que votre appréciation est d’abord technocratique et, je le confirme, idéologique.

Sachez que les élus seront très attentifs à l’application de ce texte, laquelle ne pourra se faire sans eux, quoi que vous en dites.

Madame la ministre, nous vous avons expliqué pourquoi nous n’étions pas d’accord avec votre projet, en nous appuyant, me semble-t-il, sur une véritable analyse de fond. Vous nous répondez que nous n’avons rien compris… L’argumentation paraît un peu légère. Tel que vous le présentez, votre projet est un mauvais projet.
À vous entendre, ce texte serait exemplaire pour ce qui est des régions. Sans doute ne savez-vous pas qu’il existe déjà une commission coprésidée par le préfet et par le président de région, mise en place par la loi de décentralisation, qui définit en région la politique de la formation en lien avec la politique de l’emploi ! Nous proposer une coprésidence pour deux régions alors que c’est le cas dans toutes les régions, c’est se moquer du monde. Vous vous moquez des régions et nous saurons vous le rappeler.

Pour cette raison et pour d’autres, nous voterons en notre âme et conscience et avec conviction contre ce projet de loi.

Jeudi 31 janvier 2008 4 31 /01 /Jan /2008 14:25


Mme Monique Iborra. Madame la ministre, nous voici donc à la dernière étape de l’examen de votre projet de loi relatif à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi.

La commission mixte paritaire n’ayant rien changé sur le fond, vous ne serez pas étonnée que nous restions sur nos positions…

Mme Christine Lagarde, ministre de l’économie, des finances et de l’emploi. J’espérais ! (Sourires.)

Mme Monique Iborra. Non qu’elles soient dictées par un rejet de principe : nous sommes très favorables à la simplification par rapport à ce qui existe aujourd’hui et donc au guichet unique (« Ah ! » sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire)

M. Philippe Meunier. Bravo ! Il ne faut jamais désespérer !

Mme Monique Iborra. Reste que votre projet nous paraît mauvais et dangereux à plusieurs égards.

M. Philippe Meunier. Ben voyons !

M. Jean-Frédéric Poisson. Ce sera pour la prochaine fois !

M. Charles de la Verpillière. Vous allez donc voter contre !

Mme Monique Iborra. Il est mauvais car, nous l’avons déjà dit, bâclé et éloigné des réalités du terrain, il sera privé de toute efficacité réelle sur le fond.

M. Charles de la Verpillière. Ce sont des mots !

Mme Monique Iborra. Votre projet est mauvais parce que nous sommes persuadés que vous ratez une extraordinaire occasion de mettre en place un véritable service public de l’emploi ambitieux et réaliste, équilibré entre droits et devoirs des demandeurs d’emploi, et rassemblant largement sur des objectifs d’intérêt général.

M. Charles de la Verpillière. Que ne l’avez-vous fait !

Mme Monique Iborra. C’est d’abord une machine à radier que vous mettez en place, dont le premier objectif reste la baisse statistique du taux de chômage et qui aggravera la précarité.

M. Charles de la Verpillière. Mais non !

Mme Monique Iborra. Votre projet est mauvais parce que vous vous obstinez à écarter les régions…

M. Philippe Meunier. C’est nouveau ! Vous en avez pris conscience depuis 2004 ?

Mme Monique Iborra. …qui sont en charge du développement économique et de la formation professionnelle, au point de ne pas même envisager une convention entre l’État et les conseils régionaux, ce qui prouve bien que la formation et la qualification des demandeurs d’emploi passent au second plan dans votre projet. Peut-être ignorez-vous que depuis 2005 les régions sont devenues les premiers financeurs des demandeurs d’emploi…

M. Philippe Meunier. C’est un hasard !

Mme Monique Iborra. …devant l’État – 29 % – et les ASSEDIC – 9 %.

Et ce n’est pas l’amendement que vous avez consenti à accepter du bout des lèvres, devant l’insistance d’une partie de vos troupes…

M. Jean-Frédéric Poisson. C’est gonflé !

Mme Monique Iborra. …qui, elles, connaissent la réalité du terrain, qui suffira à nous convaincre de votre bonne foi. Les régions ne demandent pas l’aumône, elles ont des compétences reconnues par la loi.

Ce n’est pas un hasard si une étude récente au cours de laquelle 4 000 personnes ont été interrogées, étude qui n’a d’ailleurs pas été commanditée par les régions…

M. Jean-Frédéric Poisson. Elles l’ont payée ; c’est pareil !

Mme Monique Iborra. …montre que les Français font aujourd’hui plus confiance aux régions qu’à l’État en matière de formation professionnelle.

Votre position, madame la ministre, est partiale…

M. Philippe Meunier. Pas la vôtre, peut-être !

Mme Monique Iborra. …et dictée uniquement par le fait que les régions sont aujourd’hui dirigées par la gauche, à l’exception de deux d’entre elles.

Votre projet est dangereux…

M. Jean-Frédéric Poisson. Tant de modération dans vos propos me laisse pantois !

Mme Monique Iborra. …parce que, nous l’avons vu durant le débat, vous avez repoussé tous les amendements que nous avions déposés et qui étaient cohérents avec les accords signés dans le cadre du marché du travail et qui, tout en ne niant pas la flexibilité nécessaire, visaient à renforcer la sécurité des demandeurs d’emploi. Voilà qui laisse présager encore une fois que, malgré les déclarations, la réalité sera tout autre !

Vous avez supprimé volontairement l’instance de recours que pouvait avoir un demandeur d’emploi victime d’une radiation ou d’une suspension abusive – cela existe.

M. Jean-Frédéric Poisson. Où est-ce écrit dans le texte ?

Mme Monique Iborra. C’est un déni de démocratie, mais il est vrai que vous n’en êtes pas à cela près. (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

Votre projet enfin est dangereux parce qu’il reste flou et inachevé : vous ne cherchez en réalité qu’à obtenir un chèque en blanc du Parlement.

Ainsi que nous l’avons constaté hier en commission mixte paritaire, nombre de députés de votre majorité partagent une partie de nos inquiétudes, en particulier en ce qui concerne la déclinaison régionale et locale des dispositions de votre projet. Mais vous persistez et vous signez, loin des réalités, parce que votre appréciation est d’abord technocratique et, je le confirme, idéologique. (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

M. Jean-Frédéric Poisson. Parole d’expert !

Mme Monique Iborra. Sachez que les élus seront très attentifs à l’application de ce texte, laquelle ne pourra se faire sans eux, quoi que vous en dites.

Madame la ministre, nous voterons contre votre projet parce qu’il est mauvais, dangereux, imprécis, qu’il cache vos véritables intentions…

M. Jean-Frédéric Poisson. Enfin la thèse du complot !

Mme Monique Iborra. …et que l’organisation que vous allez mettre en place est encore plus complexe que la précédente que vous dites simplifiée. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)


Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 23:34
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, la motion d’irrecevabilité présentée hier, au nom de mon groupe, exprimait nos interrogations, nos inquiétudes, notre scepticisme. Les débats, au demeurant très constructifs et dignes qui nous ont permis d’aborder le fond, ne nous ont pas convaincus. Je vais expliquer pourquoi. Oui, madame la ministre, nous avons exprimé notre préoccupation en vous disant, par exemple : vous êtes en train de lancer une OPA sur les financements de l’UNEDIC, et vous réduisez le paritarisme d’une manière importante.

 Nos débats et le rejet de nos amendements nous ont permis de vérifier que cette affirmation était fondée. Madame la ministre, votre projet ne garantit pas aux demandeurs d’emploi un équilibre entre leurs droits et leurs devoirs – je fais allusion, en particulier, à la suppression de la procédure de recours des chômeurs. Oui, madame la ministre, vous écartez les collectivités locales volontairement et d’une manière éclatante, en ne respectant pas leurs compétences, notamment celles des régions. Oui, nous pensons sincèrement, honnêtement, que la nouvelle institution est trop bureaucratique, trop centralisée, pour être efficace sur les territoires.

Oui, nous pensons que votre projet est volontairement trop flou, tant sur le plan juridique que sur celui de l’organisation. Oui, nous pensons que votre projet manque d’ambition, qu’il ne nous a pas éclairés explicitement sur la politique que vous vouliez mener, encore qu’on s’en doute de plus en plus. Pour toutes ces raisons, madame la ministre, nous ne pouvons vous signer un chèque en blanc. Nous voterons donc contre votre projet.

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ORGANISATION DU SERVICE PUBLIC DE L'EMPLOI - DEUXIEME SEANCE DU MERCREDI 23 JANVIER 2008

INTEGRALITE DU DEBAT : www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2007-2008/20080109.asp#P1647_218613

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