
Depuis des décennies les Permanenciers Assistants de Régulation
Médicale des SAMU – Centre 15, argumentent, légitiment et démontrent la juste reconnaissance de leur profession.
Le projet de protocole que les Ministères ont présenté aux Organisations Syndicales ne répond en aucun cas à leurs attentes en matière de reclassement.
Les PARM des SAMU – Centre 15 ont donc décidé de passer d’une phase de concertation à une phase de revendication active et se mobilisent pour se faire entendre.
En ma qualité de députée, je leur exprime mon soutien et à cet effet j'ai donc interrogé Mme la Ministre de la Santé hier lors de la séance des questions orales afin de connaitre sa position.
Alors que le mouvement des permanenciers se durcit, Mme la Ministre s'est vanté de mener "un dialogue social de grande qualité"(voir ci-dessous).
Par ailleurs, de nombreuses infirmières et infirmiers étaient également rassemblés hier partout en France pour dénoncer la mise en place d'un Ordre pour leur profession, rendu obligatoire. Leurs
revendications au-delà de la suppression de cet ordre, portent également sur une meilleure reconnaissance de leur emploi eu égard à la charge de travail de plus en plus lourde dans un contexte de
suppression d'emplois et de réductions des budgets alloués à l'Hôpital public. J'ai reçu ainsi hier à l'Assemblée Nationale pour le groupe socialiste une intersyndicale des professionnels de
santé dans les hôpitaux publics afin d'aborder avec eux la situation actuelle.
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Question orale sans débat à l'Assemblée Nationale
sur les Permanenciers auxiliaires de régulation médicale
Mardi 26 janvier 2010
Mme Monique Iborra. Madame la ministre de la santé et des sports, ma question porte sur le même thème que celle de ma collègue Catherine Génisson. Voici un an, jour pour jour, lors des
questions au Gouvernement, je vous avais alerté sur la situation des hôpitaux publics, sur les suppressions de postes programmées, sur les déficits de certains établissements, toutes choses que
vous avez niées à l’époque en soutenant qu’il s’agissait simplement d’un problème d’organisation et non de moyens. « Laissez-moi vous dire que l’hôpital a besoin de moyens et nous lui en
accordons », concluiez-vous. Aujourd’hui, 1 800 postes ont été supprimés, essentiellement parmi les soignants, rendant plus difficile encore les conditions de travail des personnels hospitaliers.
Des services ferment – ainsi la chirurgie cardiaque pédiatrique à Toulouse.
Dans ce contexte de désordre et de pénurie consécutif à la politique menée, que la loi « Hôpital, patients, santé etterritoires » va incontestablement aggraver, les personnels sont inquiets et
certains le manifestent. Les permanenciers assistants de la régulation médicale des SAMU sont en grève, à Toulouse comme ailleurs pour la juste reconnaissance de leur profession, eu égard à leur
responsabilité. Réunis en assemblée générale, ils attendent votre réponse. Il est évident que ce que vous leur proposez dans le cadre du projet de protocole, et que vous venez de rappeler, ne
répond pas à leurs attentes en matière de reclassement.
Vous venez de nous informer des intentions du Gouvernement. Apparemment, vous ne changez rien à ce qui a été décidé dans le cadre du protocole, sur lequel ils ne sont pas d’accord. Je ne
reviendrai pas sur les raisons qu’ils invoquent, Mme Génisson les a déjà exposées.
Pouvez-vous nous informer de vos intentions à leur égard, sur les modalités de concertation que vous allez sans doute mettre en place, mais qui ne les satisfont pas ? Quelles suites allez-vous
donner à leurs demandes ?
Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Monsieur le président, la question posée par Mme Iborra va me permettre de compléter les propos que je viens de tenir à Mme
Génisson.
Notre hôpital a effectivement besoin d’organisation et de moyens. Il a également besoin de suivre les évolutions considérables des techniques et des contraintes démographiques. Le nombre de
postes soignants ne cesse d’augmenter dans le périmètre de l’assurance maladie. Nous avons besoin que l’hôpital se recentre sur ses missions de court séjour, de soins aigus. Il convient également
de rappeler que pas moins de 20 000 postes seront créés sur le budget de l’assurance maladie dans le médico-social pour suivre l’évolution du vieillissement de la population.
Il faut aussi rénover ces métiers, leur permettre d’évoluer. C’est le sens du processus LMD que nous avons commencé à mettre en œuvre et qui a été concrétisé pour les infirmières. Ainsi 500
millions supplémentaires seront attribués à des professionnels de grande qualité. Cela aboutira à une augmentation nette de 2 000 euros par an. Cette revalorisation est considérable : c’est du
jamais vu.
J’ai déjà eu l’occasion, dans ma réponse à Mme Génisson, de me réjouir de la qualité du dialogue social que nous entretenons avec les huit organisations représentatives des personnels de la
fonction publique hospitalière, à l’occasion des négociations relatives au protocole LMD.
Vous le savez, la qualité des conditions de travail dans la fonction publique est pour moi une préoccupation constante. Les conditions de travail dans la fonction publique hospitalière font
l’objet de plans d’amélioration de grande ampleur sur l’ensemble du territoire, soutenus notamment par le dispositif des contrats locaux d’amélioration des conditions de travail, dispositif qui
fête son dixième anniversaire cette année et fait l’objet d’un comité de suivi intégrant les organisations syndicales signataires et la fédération hospitalière de France. Nous aborderons en 2010
la troisième génération de CLACT et je fixerai prochainement les orientations que je souhaite donner à ces nouveaux contrats locaux.
Je voudrais que soient mieux soutenus les projets innovants, les projets inter-établissements, et qu’ils s’intègrent dans les axes du plan santé au travail 2010-2014, qui vise à développer une
politique de prévention active des risques professionnels, en particulier psychosociaux. J’entends avant tout manifester mon soutien aux initiatives de terrain.
La généralisation du document unique d’évaluation des risques professionnels est à cet égard une priorité essentielle pour permettre aux établissements de mieux piloter leurs politiques de santé
et de sécurité.
En ce qui concerne les conditions de travail, il est très important pour les personnels de la fonction publique hospitalière et pour les PARM de disposer de possibilités d’évolution. Il me semble
– j’en reviens à la question posée par Mme Génisson – que l’intégration des PARM dans un corps plus large leur permet d’évoluer, si tel est leur souhait, vers d’autres métiers.
Mme Monique Iborra. Madame la ministre, je crains que votre réponse ne convainque guère les permanenciers… La qualité du dialogue social, dont vous vous félicitiez, ne semble pas être
ressentie de la même façon par l’ensemble des organisations syndicales représentatives.
Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. Certes !
Mme Monique Iborra. En ce qui concerne le LMD et la revalorisation prévue – sans doute nous répondrez-vous à une autre occasion – il semble que celle-ci soit conditionnée à l’abandon de
l’âge de départ à la retraite à cinquante-cinq ans.
Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé. En effet.
Mme Monique Iborra. Si tel est le cas, je crains que cette mesure, une fois encore, ne soit bien en dessous de ce qu’espéraient les professionnels de santé des hôpitaux publics.
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